Domaine royal (1786-1790)

Le 20 décembre 1788, la chambre des comptes de Paris rend un arrêt liquidant à la somme de 80 150 livres les droits de mutation et l'indemnité dûe par le roi au duc de Rohan, pour raison de l'acquisition des terres et seigneurie du Châtel, dont le domaine de Keroual et Mesnoalet sur Guilers.

Une procuration avait été donnée par les syndics des créanciers des prince et princesse de Rohan à du Plessix-Smith cinq ans auparavant. Il s'agit du procureur fiscal résidant au château de Keroual.

note : ne connaissant pas de texte officiel décrétant le domaine royal comme bien national, j'ai arrêté, au vu des archives départementales du Finistère concernant Keroual, la date de 1790 comme transitoire. Merci aux personnes qui pourront me renseigner à ce sujet.

Bien national (1790-1795 ?)

Le cahier des délibérations du Conseil général (municipal) de Guilers, concernant l'époque révolutionnaire, a été malheureusement mutilé. Les pages donnant acte de vente des Biens nationaux ont été arrachées. Vandalisme ou dissimulation du nom des acquéreurs ? Toujours est-il que les fonds communaux faisant défaut, les archives départementales nous renseignent sur le devenir de Keroual durant cette période trouble.

"Les biens enumerés dans cette soumission dependent de l'acquisition faitte par le Roy de M. de Guéméné, et sont du domaine et de la terre cy devant seigneuriale du Châtel à Recouvrance. 29 9bre 1790".
" Je soussigné Romain Nicolas Malassis, demeurant à Brest, paroisse de St Louis, déclare etre dans l'intention de faire l'acquisition des domaines nationaux dont la designation suit" (arch. dép. Finistère, série 1Q128)

Dès septembre 1790, l'acquisition du domaine de Keroual est formulée par Romain-Nicolas Malassis (1737-1813), imprimeur-libraire brestois, maire de Brest. En novembre, il fait une nouvelle soumission et selon les experts, dont Hamon Pallier, de Guilers, l'estimation des biens (le manoir, les moulins, Keriolet, Keroual bras, Keroual bihan, Pennaros et Feunteun Viler) s'élève à un revenu de 2 704 livres dont Malassis offre vingt-deux fois la valeur soit 59 488 livres.

Romain Malassis est issu d'une famille d'imprimeurs normands installés à Quimper en 1675 puis à Brest vers 1686. Les Malassis font partie de l'élite sociale de la ville. Romain Malassis succède à son père comme typographe de la Ville et de la Marine en 1758. C'est le seul imprimeur de Brest, et ce jusqu'à la Révolution. Comme ses aïeux, il est reconnu comme notable : élu conseiller et capitaine de la milice bourgeoise en 1763, député du Finistère en septembre 1791, maire de Brest le 25 décembre 1792, son amitié pour les Girondins l'écarte de la vie politique jusqu'à la chute de Robespierre ; il est de nouveau maire de Brest en 1795. Ruiné en 1797, ce qui l'empêche sans doute d'acquérir Keroual, son fils relève l'imprimerie familiale en 1800. Romain-Nicolas Malassis meurt à Brest le 13 avril 1813 à l'âge de 76 ans.

Le 28 mars 1795 (8 germinal an III), une nouvelle expertise est réalisée. Selon cette estimation, le manoir et ses dépendances valent 38 815 livres contre 19 822 livres cinq ans auparavant.

Pour lire la copie du "procès-verbal de prisage du manoir de Keroualle", cliquer sur le logo. fichier PDF



sources
archives départementales du Finistère
Paul Coat & Luc Durouchoux, BREST au fil des rues, 1994
Michel Duval, Imprimeurs et libraires à Brest au XVIIIe siècle, les Cahiers de l'Iroise d'avril-juin 1957
témoignage d'un descendant Didelot


  retour menu accueilsommaire suite