La famille Didelot (1886 - 1967)
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Le 9 août 1886, Octave François Charles Didelot achète Keroual à madame de Kersauson. La famille Didelot est originaire
de Bar-le-Duc où elle est connue depuis Didier né vers 1450.
"La noblesse de cette famille vient des lettres d'anoblissement obtenues
en l'année 1566 par Claude Didelot, cellerier des domaines de Bar...".
Elle a pour armes "de sable au sautoir gironné d'argent et
de gueules, cantonné d'une étoile d'or en chef". (Recueil
des armes et blasons des familles nobles de la ville de Bar et dans l'étendue
de son district, de 1424 à 1765 édité par la
Société des lettres, sciences et arts - Bar le Duc - 1900). François Charles Luce (1769-1850), père d'Octave François, est le premier préfet du Finistère, nommé le 14 germinal an VIII (04/04/1800). Il sera successivement préfet de l'Allier (23/01/1801), du Cher (28/03/1813), de la Dordogne (06/04/1815). Sa carrière politique le conduit à être ministre plénipotentiaire auprès du duc de Wurtemberg en Autriche (1806) puis à Copenhague (1807). En 1809, selon Potier de Courcy, (1808 ou 1811 d'après d'autres sources), il reçoit le titre de baron d'empire, titre que conserveront ses descendants. |
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DIDELOT
( François-Charles-Luce, baron), préfet, ministre plénipotentiaire
et chambellan, né à Paris le 29 mars 1769 de Jean-François DIDELOT, fermier général et d'Anne de la PIERRE, mort à Passy (Seine) le 1er novembre 1850 ; était en 1786 régisseur général adjoint à son père, inspecteur principal et fut nommé le 5 brumaire an V gérant de la manufacture de tabac du Gros-Caillou. Le 14 germinal an VIII il fut nommé préfet du Finistère ; préfet de l'Allier le 3 pluviôse an IX puis envoyé en germinal an XI comme ministre plénipotentiaire près la cour de Wurtemberg et fait commandeur de la Légion d'honneur le 25 prairial an XII. Le 13 janvier 1807 il fut envoyé extraordinaire près du roi de Danemark, créé baron de l'Empire le 30 août 1811 et chambellan de l'Empereur le 16 novembre suivant. Le 12 mars 1813 il fut nommé préfet du Cher; ce fut la fin de sa carrière politique. (Sources: Dictionnaire Historique et Bibliographique
de la Révolution et de transmis par Louis Querrec (juillet
2003) sur le groupe de discussion Noblesse
Bretonne |
Il épouse Alexandrine Sophie Gérard de Rayneval (1780-1823) à Paris le 24 avril 1797. Deux de leurs enfants naîtront à Copenhague ; les six autres à Paris.
Octave François Charles, leur avant-dernier
enfant, se destine à la Marine et, à quinze ans, entre à
l'école navale. Sa carrière de marin le mène sur tous les
points du globe : le Brésil, la Baltique, la Mer Noire, les mers du Sud,
le Mexique, au gré des campagnes françaises. Il est nommé
contre-amiral le 9 mai 1863.
En 1870, il est nommé préfet maritime de Toulon. En 1871, promu
vice-amiral, il échange la préfécture de Toulon contre
celle de Brest.
Il est écrit dans sa nécrologie
(Revue maritime- 1886) qu'il lui fut offert plusieurs fois le ministère
de la Marine mais "sa modestie, et surtout son aversion pour la politique"
lui ont fait refuser ce poste.
Pourtant, membre du Conseil Général
du Finistère pour le canton d'Ouessant, il en devient le vie-président.
Il donne sa démission en 1883 et passe les trois dernières années
de sa vie à Kervaly, partie sud du domaine de Keroual.
Né à Paris le 2 décembre
1812, il épouse (en secondes noces) Eugénie Rose (ou Rosine) Marie
de la Hubaudière (1831-1915) le 17 janvier 1853 à Quimper, dont
il aura quatre enfants : Octave François Joseph, Charles François
Edouard dit Carl, Jeanne Marie Octavie et Georges François René.
(Eugénie Rose Marie fait probablement partie de la famille la Hubaudière
des faïenceries de Quimper signant HB [Hubaudière/Bousquet], mais
ceci reste à vérifier.)
Le baron Didelot meurt, à Kervaly, le 27 septembre 1886. Son épouse
décède à Brest le 19 avril avril 1915 et est inhumée
à Guilers. Sa tombe est ornée d'un blason accolé où
les armes des Didelot portent le franc quartier de baron d'Empire, plus exactement
de baron ministre employé à l'Extérieur : "de gueules
à la tête de lion arrachée d'argent". Le second écu
montre un chevron accompagné de trois molettes que je n'ai pu identifier.
La famille Hubaudière blasonne, d'après Potier
de Courcy, "d'azur à trois têtes d'aigle arrachées
d'argent".
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détail de la tombe de madame Didelot
née la Hubaudière à Guilers
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écu Didelot
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"Keroual est alors passé à son second fils" mais sa mère en garde l'usufruit jusqu'à son décès à Brest en avril 1915. Il est dit que l'amiral Carl Didelot n'a jamais habité le château de Keroual. Sa sur le lui rachète à cette époque.
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Il s'agit de madame de Cuverville,
dont les anciens guilériens se rappellent le souvenir. "Une
femme veuve peu de temps après son mariage qui a toujours porté,
pour se rendre à la messe, un chapeau et une voilette noire, une
robe boutonnée jusqu'au cou qui laissait apparaître un col
blanc... Sa calèche aussi était noire". Au décès de madame de Cuverville, le château (ou ce qu'il en reste plus tard, car incendié par les Allemands à leur départ en 1944) revient à son cadet, Georges qui, de son mariage avec Marie Louise Isabelle de Bouvet le 15 février 1896, aura six enfants. |

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dessin de Louis le Guennec daté d'octobre 1917 (cliquer
sur la loupe pou r un agrandissement -370 ko)
(avec l'aimable autorisation de la Société des Amis de Louis Le
Guennec)
Ceux-ci partagent Keroual et Kervaly avec leur mère, usufruitière. Georges François Marie, à qui revient le château de Keroual vers 1920, loue les terres ; les "communs" sont transformés en ferme. C'est le seul enfant qui soit né à Guilers, le 12 août 1902. Un document de partage du domaine, dressé en 1942, attribue le château de Keroual au baron Robert Didelot, "mu propriétaire par Mme Didelot veuve née de Bouvet, usufruitière" (archives B.M.O.)
"Août 1944
Les occupants mettent le feu
à Keroual qui n'a pas été bombardé. D'après
les architectes chargés de constituer le dossier des dommages de guerre,
le feu est parti de l'intérieur. Dans les fermes alentour on a retrouvé
des buchers préparés dans les greniers.
On installe des baraques en planches pour les réfugiés, et la
fumée des cheminées de ces baraquements provoque la mort des platanes
tricentenaires".
Ainsi, le château est détruit à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. La chapelle et les communs ont été épargnés, une famille de cultivateurs occupent ces derniers.
Après la guerre, les Guilériens auront occasion de faire revivre le domaine par l'organisation, sur le mail en face du château, de kermesses ou de manifestations culturelles ; ainsi cette fête de Pentecôte 1956 organisée par l'Amicale Saint-Valentin, premier club de football de notre commune.

source : quotidien Le Télégramme
Le quotidien "Ouest-France"
du 16 avril 1956 présente aussi la fête à venir : "La
bienveillante obligeance de la Baronne Didelot [Marie Louise Isabelle de Bouvet]
permet cette année au Comité organisateur de faire dérouler
la fête du Patronage dans la magnifique propriété de Keroual.
Devant les ruines romantiques de l'ancienne gentilhommière, brûlée
pendant les combats de la libération de Brest, se dérouleront
tout une après-midi des attractions diverses, dont la majeure partie
sera animée par l'excellente troupe de variétés parisiennes
d'Emile Bouthiaux, ex-vedette des spectacles de Jean Nohain.
Ce sera l'occasion pour un grand nombre de Brestois de faire la connaissance
d'un site magnifique, sous les ombrages séculaires où se cache
le château historique illustré par la célèbre Louise
de Keroual, duchesse de Portsmouth, favorite de Charles II d'Angleterre..."
En 1967, le château de Keroual ainsi que 10 ha de terre sont vendus à Albert Cortellari, architecte brestois.
sources
généalogie
François Balfourier
archives municipales de Guilers
revue maritime et coloniale - 1886 (BNF - Gallica)
témoignage d'une descendante Didelot
témoignage d'habitants de Guilers
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à propos de Port Arhur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_russo-japonaise