Epoque feodale et Ancien Regime

 

Origine des grandes propriétés

Au temps des Celtes armoricains, la propriété rurale est collective, ou exploitée en commun si les terres appartiennent à un riche propriétaire. La cité ou tribu des Osismes qui occupe à peu près le territoire du Finistère est divisée en pays autonomes, les pagi. Le « pagus » est lui-même composé de nombreux territoires tribaux, et le chef de la tribu veille à l’occupation du sol.

A partir de la conquête romaine, et plus précisément sous le règne de l’empereur Auguste (63 av. J.C. - 14 ap. J.C.), l’occupation provisoire et précaire du sol est transformée en titre de propriété définitive pour faciliter la perception de l’impôt foncier. Les propriétés collectives sont divisées en domaines ruraux de plusieurs centaines d’hectares (les fundi) et attribuées à des personnes physiques. Il est probable que les premiers propriétaires des fundi furent les chefs des tribus, et que l’origine des grands domaines fonciers provienne de cet appropriement des terres confiées par l’administration romaine.

L’arrivée des Bretons dans notre région ne dut pas apporter de changement dans les structures existantes :  le chef breton, le machtiern, deviendra aussi propriétaire des terres de sa tribu.

« En même temps que les Bretons s’installaient dans la péninsule, les Francs peu à peu s’étendaient en Gaule. Dès avant la fin du Vème siècle ils atteignaient l’Armorique. A la suite de négociations [...] les cités gallo-romaines d’Armorique qui depuis le début du siècle vivaient dans un état de quasi-indépendance [...] reconnurent l’autorité de Clovis. ». Dans son Histoire de Bretagne, E. Durtelle de Saint-Sauveur définit ainsi les premiers rapports entre la France et la Bretagne. Il écrit aussi que les Francs, « héritiers » de l’empire romain, obligent les chefs bretons à ne plus porter le nom de roi mais à se contenter de celui de comte, c’est-à-dire fonctionnaire du roi franc chargé d’administrer ses domaines.

« Les degrés de noblesse étaient ceux de Comtes, de Vicomtes, de Barons, de Vicaires, de Prévôts, de Chevaliers et de simples Gentilshommes ; et les charges de la Cour (au moins celle que l’on connaît par les titres) étaient celles de Sénéchal, de Pannetier, de Veneur, de Gouverneur des jeunes Princes, d’Ecuyer, d’Echanson, de Porte-verges, de Voyer et de Chancelier. [...] On trouve peu de Mactiernes dans ce [onzième] siècle ; ce nom fut remplacé par ceux de Comtes, de Vicomtes, de Barons, de Vicaires et de Prévôts. » (dom Lobineau, "Histoire de Bretagne")

Ainsi, la genèse de la noblesse montre le rôle administratif des comtes, vicomtes et autres barons. Il est vrai que ces administrateurs profiteront des faiblesses d’un pouvoir central, français ou breton, pour s’approprier définitivement des domaines.

La mainmise des grands seigneurs sur les terres et la coutume des apanages donnés aux chefs de famille orientent le système romain vers un régime aristocratique féodal.

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