Le domaine de Keroual


KEROUAL - [ Keroual - Kerroual ]

Plan de situation en 1834

- 1 - emplacement de l'actuelle crêperie. A l'origine, il s'agit d'une maison construite vers 1885 pour reloger madame de Kersauzon de Penandreff lorsque le manoir est acquis par la famille Didelot

- 2 - le pigeonnier

A l'est du manoir se trouve la ferme de Pennaros,aujourd'hui disparue.

La métairie du Poulpry disparaît dans les années 1887.


Dans la première moitié du XIXe siècle, Keroual et son pourpris (Poulpry, en breton) comptent 26 parcelles sur 24 hectares. Elles sont regroupées aux abords immédiats du manoir excepté le "coz lannoc" (la vieille lande), le long de la rabine allant de la croix de Kerlidien à Menez bihan. Le pourpris, hors sa forme bretonne, est nommé "grande métairie de K/oualle" sur les actes de la période révolutionnaire : c'est, à l'origine, le bien tenu en propre par le seigneur ou son régisseur. A Guilers, il est aussi fait mention du "poulpry" de Kermerien, autre lieu noble.

Le pigeonnier est le dernier vestige, outre le manoir, de la qualité noble du lieu de Keroual. En effet, seuls les nobles avaient le droit de construire un pigeonnier (ou fuie) s'ils possédaient au moins 10 journaux de terres (environ 5 hectares) attenant à ce pigeonnier. Les autres symboles de la féodalité ont disparu : il s'agissait des moulins et du four.

pigeonnier
le pigeonnier (cliché sept. 2001)

Données démographiques
En 1789, le manoir est inhabité et le Poulpry compte deux fermes, une maison et une maisonette.
En 1800, 14 "individus mâls" occupent Keroual et le pourpris.
En 1946, 11 habitants pour 4 ménages ; ce relevé inclut les habitants de Keroual bihan.

Orthographe et signification

K/roualzle en 1475 ; Kerrouazle, Kerroazle et K/ouel en 1544 ; Keroüazle en 1667 ; Querouasle en 1669 ; K/ouazle en 1674 ; K/oualle en 1701 ; K/oual en 1726 ; K/oualle en 1735 ; K/roual en 1738 ; K/oüalle en 1790 ; K/oualle en 1795 ; K/oual en 1800 ; Kéroual en 1946.
(K/ est l'abbréviation de Ker - village, en breton). L'orthographe la plus correcte semble être Kerrouazle ou K/roual, qui donnerait en breton actuel Kerroual.

En Finistère, Keroual se retrouve dans les communes de Milizac, Guimiliau, Kerlouan, Logonna-Daoulas, Scaër. Il prend les formes de Kerroual à Rédéné, Kérouhal à Plouvorn, Keroal à Tréouergat, Roual à Lannilis et Dirinon. Le Kergoal de Plouescat est un ancien Keroual attesté en 1638. Dans le Morbihan il existe un Keroual à Meslan et à Kervignac. Dans les Côtes d'Armor, Ploubezre et Paimpol ont aussi leur "Keroual".

Enfin, Keroual est aussi porté comme nom de famille.


orthographe en 1795 (Arch. Dép. Finistère 1Q129)

— Edouard Fleury, bibliothécaire de la ville de Brest, écrit dans le Bulletin de la Société Académique de Brest (1858-1860) : KEROUAZL (ker-ouazl) : village du fer, où l'on trouve du fer : de Ker, lieu et de Houarn, fer, prononcé, par corruption probablement, Houazl. Dans cette propriété, il existe deux sources d'eau minérale ferrugineuse.
— Un article de J. Bazin paru dans le quotidien "le Télégramme" (juillet 1969) explique, à propos du manoir du Roual en Dirinon, que "anciennement Rouazle, ce nom viendrait du gallois rhaedre qui signifierait cascade, chute d'eau". A noter que Le Gonidec dans son "Dictionnaire Français-Breton" (1847) donne le breton Reiadr pour un des mots traduisant cascade.
— Le Keroual de Meslan est écrit Villa Moalc en 1282. Moalc est à rapprocher du breton actuel moualc'h (merle). A l'ouest du Keroual de Guilers est un carrefour nommé "kroazig ar voualc'h" (la petite croix du merle).
— Roual ou Rouazle est le nom d'une famille noble de Dirinon, connue en 1248, et fondue dans la famille Coetnempren en 1505.

Que signifie alors Keroual à Guilers ?
On peut sans doute rejeter l'idée de Ker Roual (le village des Roual) car ce nom de famille n'est pas relevé dans la paroisse. Les premiers occupants connus du château sont les Penancoët.
Il est tentant de voir dans Keroual, le village de la cascade, au vu de l'importance que revêt l'eau sur le domaine.

agrandiragrandir
milin huellañ (moulin du haut) vers 1976

 

  retour menu accueil sommaire suite