Les propriétaires successifs du domaine de Keroual

Les fondateurs du domaine seraient les Penancoët. Ensuite la seigneurie passera successivement aux Crozat (1714-1744), aux Gontaut-Biron (1744-1778), aux Rohan-Guéméné (1778-1786). Keroual est domaine royal de 1786 à la Révolution. Après la Révolution, les propriétaires sont les Borgnis-Desbordes, Le Gros, Didelot (1886-1967), Cortellari (1967-1983) et enfin la ville de Brest.

Les Penancoët de Keroual (XIIIème siècle-1714)

Durant près de cinq siècles, les Penancoët de Keroual veillent sur leur domaine.
Le berceau de la famille de Penancoët, ou Chef-du-Bois en français, serait le village de Pen ar c'hoat, situé sur l'ancienne route de Plouarzel dans la paroisse de Saint-Renan. Les Penancoët blasonnent : fascé d'azur et d'argent de six pièces, parfois à la bordure chargée de six annelets en orle, suivant un sceau de 1306. Leur devise est : A bep pen lealdet (Loyauté partout) et aussi En diavez (A découvert).

Guy le Borgne, dans son Armorial (1667), donne comme armes : fascé d'argent et d'azur de six pièces, écartelé d'or au lion de gueules, couronné, armé et lampassé d'azur. Cet écartelé rappelle le mariage de René Penancoët avec Julienne Hemery du Pont-l'Abbé, en 1612.

En 1684, les Penancoët connaissent l'apogée. La fille aînée de Guillaume, Louise-Renée, rachète aux Cossé-Brissac leurs possessions en pays de Léon et notamment la terre et seigneurie du Châtel-Trémazan .
Le 4 septembre 1687, Louise de Keroual fait donation de ses biens à son fils, le duc de Richmond et de Lennox, à une condition : l'usufruit des terres de Keroual et de Mesnoalet est laissé à Guillaume de Penancoët, comte de Keroual, et à Marie-Anne de Plœuc, père et mère de Louise .

GENEALOGIE DE LA MAISON DE PENANCOËT

La branche des Penancoët de Keroual commence à :
I - Valentin Penancoët, vivant en 1280, épouse Adélice de Keroulas.
II - Leur fille, Jeanne, héritière de Penancoët, épouse François, juveigneur de Penhoet. Les Penhoet étaient une des quatre premières familles du Léon, comme l'atteste ce dicton : " Penhoat an Anciantis, Castel ar Vailhantis, Kervaon an Pinvidiguez, Cornadeac'h ar Marc'heguez " (Ancienneté de Penhoet, vaillance du Châtel, richesse de Carman, chevalerie de Kerhournadec'h). Il fut stipulé au contrat de mariage du 10 mai 1330 que les enfants qui naîtraient de cette union prendraient le nom et les armes de Penancoët de Kerouazle : d'argent à trois fasces d'azur. Leur fils :
III - Henri de Penancoët, seigneur de Kerouazle, né le 15 juin 1332, se marie en 1355 avec Adélice Le Vayer, dame de Kerandantec. Leur fils :
IV - Hervé se marie avec Amice du Refuge, fille d'Hély du Refuge, seigneur de Kernazret, et d'Agathe, dame de Keruzoret. Le mariage a lieu le 2 janvier 1388 en présence de Guillaume Touronce et d'Hervé de Keroulas. Hervé Penancoët devint le père de :
V - Henri, seigneur de Kerouazle qui, de Julienne de Lanhalla, fille aînée et héritière de la maison de Lanhalla, mariée le 20 août 1429, eut :
VI - Valentin Penancoët. Il épousa, en 1452, Alix Courtois, fille aînée et principale héritière de Henry Courtois, seigneur de Kerboronné et de Kerjézéquel, et de Béatrix du Chastel, dont : 1- Hervé de Penancoët, seigneur de Kerouazle et de Kerboronné qui exerça pendant trois ans la charge de procureur général de la province de Bretagne sous la duchesse Anne, et mourut sans alliance ; 2 - Henry, qui suit ; 3 - Valentin Penancoët, de la paroisse de Guiler, qui comparut en archer à la montre de 1503.
VII - Henry de Penancoët, seigneur de Kerouazle et de Kerboronné après la mort de son frère aîné, se présenta également en archer à la revue militaire de 1503. Il eut de Marguerite de Mesnoalet, fille aînée et principale héritière de Jean, seigneur de Mesnoalet et de la Villeneuve, qu'il avait épousée le 5 août 1496 :
VIII - François, seigneur de Kerouazle, de Kerboronné et de la Villeneuve. Il contracta alliance avec Marguerite de Lesmais, fille de Guy, vicomte de Lesmais et de Plestin, et d'Anne de Kerderien. Leur mariage eut lieu le 21 novembre 1535. D'eux naquit :
IX - René de Penancoët, seigneur de Kerouazle, de Kerboronné et de la Villeneuve, qui épousa, le 23 mai 1559, Françoise de Kerhoënt, fille d'Alain de Kerhoënt, seigneur de Trohéon, baron de Kergournadec'h et de Jeanne de Kergournadec'h. Les enfants furent 1 - Guillaume de Kerouazle, qui suit ; 2 - Jean de Penancoët, seigneur de Quillimadec, transigea pour son supplément de partage par acte du 21 mai 1610 avec son aîné et créa la branche des seigneurs de Quillimadec dans la paroisse de Ploudaniel ; 3 - Marie de Penancoët, mariée par contrat du 26 juin 1581 à Charles Le Bigot, seigneur de Kerjégu, de Langle et de Kermalvez. Charles Le Bigot eut de Marie de Penancoët : François Le Bigot marié à Mauricette Guynement ; 4 - Julienne de Penancoët épousa le 25 juin 1590 François Rioualen, seigneur de Meslean.
X - Guillaume de Penancoët, seigneur de Kerouazle, de Kerboronné et de la Villeneuve, fut capitaine de soixante gentilshommes de l'arrière-ban de l'évêché de Léon sous le marquis de Sourdéac, qui lui donna le cordon de l'Ordre de Saint Michel par ordre du roi le 14 janvier 1609. Il eut pour femme Guillemette Barbier, fille de Louis Barbier, seigneur de Kerjean et de Jeanne Gouzillon : cette union se fit le 17 septembre 1590 et il en provint : 1 - René, qui suit ; 2 - Françoise de Penancoët fut unie, par contrat du 16 juin 1619, à Hervé Touronce, seigneur de Kervéatoux et de Kergoniou ; 3 - Suzanne de Penancoët épousa, le 6 juillet 1616, Claude Le Vayer, seigneur du Ster : elle est qualifiée Dame des Isles ; 4 - Marie de Penancoët, alliée le 22 août 1627 à Noël de Kerguen (ou Kerven), seigneur dudit lieu ; 5 - Guillemette-Renée de Penancoët fut mariée le 18 septembre 1635 à Jean de Guernisac, seigneur de Kerham et de Traoulen ; 6 - Julienne de Penancoët, femme de Guillaume Le Talec, seigneur du Stivel ; 7 - Madeleine, religieuse.
XI - René de Penancoët, chevalier, seigneur de Kerouazle, de Kerboronné et de la Villeneuve, eut pour femmes :
1° - le 12 octobre 1612, Julienne Hémery du Pont-l'Abbé, dame de Chefdubois, héritière de la maison de Pont-l'Abbé qui donna naissance à Guillaume, qui suit.
2° - le 27 septembre 1625, Françoise Laurens, dame de Kerleuguy, fille de Jacques Laurens, seigneur de la Motte et de Jeanne de Kerloaguen. De cette union naquirent : 1 - Claude de Penancoët mariée le 15 janvier 1646 à Sébastien, baron de Montaigu, seigneur de Sourdeval et autres lieux, fils de François, baron de Montaigu et de Marguerite de Rosmadec ; 2 - Marie de Penancoët, femme de Jean Troussier, vicomte de la Gabetière ; 3 - Julienne de Penancoët, religieuse au couvent de Ste Ursule à Lesneven.
XII - Guillaume de Penancoët, chevalier, dit le comte de Keroualle, seigneur de Kerboronné, de la Villeneuve et de Chefdubois épouse le 27 février 1645 Marie de Plœuc, fille du marquis du Timeur et de Marie de Rieux.
De leur union naît : 1 - Sébastien, baptisé à Guilers le 4 novembre 1646 et mort sans alliance en 1669 ; 2 - Louise-Renée, duchesse de Portsmouth, née en 1649 ; 3 - Henriette-Mauricette, décédée à Paris le 12 novembre 1728, âgée d'environ soixante-dix ans .

Ainsi, le nom de Penancoët de Keroual s'éteint à la mort de Sébastien de Penancoët, en 1669. Son père, Guillaume, meurt en 1690 et sa mère, Marie de Plœuc, en février 1709.

Détail des portraits de Marie de Plœuc et Guillaume Penancoët, parents de Sébastien, Louise et Henriette-Mauricette.
Ces portraits ont été réalisés en 1675 par Vignon, lors de la visite que firent les Penancoët à leurs filles en Angleterre.


Portraits conservés à Goodwood (Angleterre)
résidence des decendants de Louise de Keroual.
Reproductions noir & blanc :
château de la Verrerie,
archives du comte de Vogüé.

sources
réformation de la noblesse - 1669 -
histoire de la maison de Plœuc, Denis de Thézan, 1872
note : les tenants et le timbre du blason de haut de page
sont imaginés.

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