La famille Le Gros — Borgnis-Desbordes (vers 1795- vers 1835)

Le domaine de Keroual est acheté "par un Borgnis-Desbordes, lié à la franc-maçonnerie" selon un témoignage ; d'autres disent que l'acquéreur serait Charles-François Le Gros.

N'ayant pas encore trouvé l'acte de vente du domaine de Keroual à cette époque, il est cependant indéniable que le manoir et les terres appartiennent aux deux familles citées : Charles-François le Gros, sénéchal de Vannes, épouse Marie-Josèphe Borgnis-Desbordes à Brest le 19 septembre 1780.

Les Borgnis sont originaires de Lombardie en Italie où ils sont connus dès 1226 et blasonnent, pour la plupart des branches, "écartelé d'argent et de gueules" ; ces blasons se retrouvent notamment dans les églises de Craveggia et Santa Maria Maggiore.

Jean Borgnis (1703-1764) s'installe à Brest dans les années 1760 comme marchand de mercerie-joaillerie. Ses quatre enfants sont tous nés à Craveggia en Italie. Deux d'entre eux, au moins, suivent leur père en Bretagne. Il s'agit d'Albert Marie (1740-1798) qui achète de nombreux biens nationaux sur Gouesnou et Jean Antoine Marie (1736-1796), père de Marie-Josèphe.
Les Borgnis-Desbordes font rapidement partie de la haute notabilité brestoise : Albert-Marie est syndic de la communauté des marchands de Brest en 1780, administrateur de l'hôpital et diversifie son activité de négociant : importation de vins, tannerie de Kerinou, armement de navires, joaillerie, banque ; Jean Antoine devient notable de la ville de Brest le 19 floréal an III (8 mai 1795), il est commissaire distributeur pour le secours aux familles indigentes.
Marie-Josèphe (Brest 1762 - Brest 1835) est la fille de Jean Antoine Marie Borgnis-Desbordes et de Thérèse Picardot.

Quant à Charles-François le Gros (Port-Louis 1748 - Brest 18 juin 1830), il est le fils de Nicolas, avocat au Parlement, sénéchal d'Hennebont, et de Marie-Perrine Bertrand. Anobli en 1746 pour la part qu'il prend à la défense de Lorient contre les Anglais, Nicolas prend comme armoiries : "de gueules au vaisseau démâté d'argent nageant sur une mer de sinople, au chef d'azur chargé de trois étoiles d'argent" et "d'azur à la croix florencée d'argent".

Charles-François le Gros, s'il se marie à Brest, est sur Vannes jusqu'au moins 1793 : il sera président de la sénéchaussée et du siège présidial, lieutenant général de police. Sous la Révolution, il occupe la fonction de président du district de Vannes.
Par décret impérial, il est à la tête de la municiplaité de Brest en mars 1808, en remplacement de Tourot. Il est renouvelé dans ses fonctions en juin 1813 et ce jusqu'au 29 mai 1816. Jean Ollivier consacre trois articles à Charles-François Le Gros en septembre 1969 dans le quotidien "Le Télégramme" : sous son mandat, les noms révolutionnaires des rues de Brest sont changés ; il demande aux autorités militaires d'abattre l'arbre de la Liberté sur le Champ de Bataille (actuelle place Wilson).

Charles-François aura 5 enfants dont Marie-Aimée, l'aînée, épouse Jean-Charles Bérubé à Brest le 19 prairial an IX (8 juin 1801).
Il décède à l'âge de 82 ans, à Brest, le 13 juin 1830.

 


écu imaginé : Le Gros et Borgnis-Desbordes

sources
archives municipales de Guilers
quotidien Le Télégramme - septembre 1969
Hubert Borgnis-Desbordes : généalogie Borgnis-Desbordes



  retour menu accueilsommairesuite