Le temps des seigneurs

Montres et réformations

La « montre » ou « monstre » est une revue militaire qui a lieu presque chaque année :  tous les nobles doivent y participer munis de l’équipement en rapport avec leur fortune. Les ordonnances du duché de Bretagne spécifient minutieusement l’armement correspondant à tel chiffre de revenu.

Ainsi, la convocation de 1540 indique l'armement suivant :
- Au dessous de 60 livres de rente, en brigandine ou en paltoc nouveau modèle sans manches, mais avec lesches ou mailles sur les bras, avec faculté de se servir d'arc ou de juzarme.
- Entre 60 et 140 livres, en archer en brigandine ou en juzarmier, avec un coutilleur (soit 2 chevaux).
- Entre 140 et 200 livres, en équipage d'homme d'armes (la tenue de la gendarmerie permanente de lanciers), avec un coutilleur et un page (soit 3 chevaux).
- Entre 200 et 300 livres, en équipage d'homme d'armes, avec un archer ou juzarmier en brigandine, un coutilleur et un page (soit 4 chevaux).
- Entre 300 et 400 livres, toujours en équipage d'homme d'armes avec deux archers, un coutilleur et un page (soit 5 chevaux).
Et ainsi de suite en augmentant d'un archer par cent francs de revenu.

(extrait du site de Bertrand Yeurc'h "Noblesse Bretonne")

La réformation est une enquête effectuée dans chaque paroisse pour dresser la liste des gentilshommes et de leurs métayers exempts de l’impôt roturier des fouages, tailles, subsides et autres levées de deniers dont la noblesse est exempte à cause de son obligation de service militaire. Chaque noble doit justifier d’un nombre de quartiers (générations) de noblesse sous peine d’être dénoncé comme usurpateur de noblesse et de payer une amende, qui, en 1668, s'élève à 100 livres. Et jusqu'à 400 livres pour "ceux qui, voulant soutenir les qualités de chevalier et écuyer, succomberaient par le jugement des commissaires".

Réformation de 1443

C’est la première réformation connue où sont notés les nobles de Guilers. Elle a lieu en l’année 1443 sous le règne du duc François Ier.

Paroisse de Guiler.

Jehan L’Abat ou L’Abbé, sieur du Louc’h et de Kerilis.
Henri Courtois, sieur de Kerjézéquel.
Jehan et Yvon Mesnoalet, sieurs dudit lieu.
Jehan ar Moal, sieur de ............ (illisible)
Valentin Penancoët, sieur de Keroualze.
Even Le Tallec, sieur du Stiffel.

brigandine
Brigandine (du site www.harnois.fr)

Réformation de 1446

En plus des précédents, apparaissent : 

Pezre an Hédé ; Guillaume Pallier ; Hervé Treffven ; Jehan an Normant, annobly (de Pen ar Créac’h).

Montre de 1503

"Monstre générale des nobles, annoblis et tenants fiefs nobles en l’Euvesché de Léon ; tenue à Lesneven par les sieurs du Chastel, Kermavan et Kerouzeré, commissaires à la fin députés. A ce présent les officiers de justice dessu les leix. Le vingt cinquiesme jour de septembre l’an mil cinq cent trois"
(d'après le chevalier de Fréminville, "Antiquités du Finistère", tome 2, Brest - 1835 -)

L’Archidiaconé d’Akre-Léon.

La paroisse de Guiler.

Henry Mesnoalet, en habillement d’archer o [avec] son page. Enjoinct mettre aultre homme en habillement.
Vallentin Penancoet, en habillement d’archer o son page.
Jan Mesnoalet, entien [ancien] homme, par Laurent Mesnoallet [en] habillement d’archer.
Henry Penancoet, en habillement d’archer.
Messire Allain Le Normant, par Christofle Mocazre, en vouger.
    [le vouge est une pique armée d’un fer long, large, évidé et tranchant comme une lame de sabre. Le vougier n’a d’autre arme défensive qu’un morion ou simple casque sans visière ni gorgelette :  c’est l’emploi des gentilshommes les plus indigents]
Louis Deincuff, en habillement d’archer.
Guillaume Le Tallec, en brigandine »
   [la brigandine est une cuirasse légère formée de bandes d’acier larges de deux ou trois doigts, assemblées transversalement et doublées d’un cuir de cerf]

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Archives départementales d'Ille-et-Vilaine série 1F1124 (merci à Bertrand Yeurc'h)

Montre de 1534

"Monstre généralle des nobles de l'Evesché de Léon ; tenue et assignée en la ville et citté de Saint-Paul, le quinzième jour de mai 1534, par les sieurs du Chastel et de Pontplancoët, commissaires députtez, par les mandements du seigneur de Chateaubriant, lieutenant-géneral pour le Roy nostre sire en Bretaigne."

A cette montre, Louis Deincuff et Alain Le Normant n’apparaissent plus mais sont présents, en plus de ceux cités en 1503, Valentin Silguy, de Coat-ti-bescond et Henry du Val, de Lesvingant (sieur de Penantraon).

Montre de 1544

Montre générale des nobles de l’évêché de Léon en la ville de Lesneven, le 22 août 1544.

Guyler.

L’héritière de Mesnoalet, (représentée) par Jehan Mesnoalet, archer à deux chevaux.
Le sieur de Kerouazle, (représenté) par Jehan Lancien, archer à deux chevaux. Injonction de faire homme d’arme.
Pierre Du Val, sieur de Traonmeur, présent.
Henry Du Val, sieur de Penantraon, présent.
Tous archers à un cheval fors [sauf] les dits sieurs de Mesnoalet et Kerouazle.
Pierre Le Maucazre, présent. [seigneur de Kermerien]
Guillaume Talec, présent. [seigneur du Stivel]
Valentin Silguy, présent. [seigneur de Coat ti bescont]

 

vouge
Le vouge est l'ancêtre de la hallebarde

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