Les propriétaires successifs du domaine de Keroual
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Les Rohan-Guéméné Le 11 mars 1778, Armand-Louis de
Gontaut-Biron vend les seigneuries du Châtel et de Carman pour la
somme de 3 908 000 livres.
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La vente du 11 mars 1778 donne des détails
sur les terres acquises :
- la terre, seigneurie et domaine du Châtel, Keroualle,
Mesnoalet ;
- la terre et marquisat du Carman, la baronnie de Lesquelen,
la seigneurie de Damany
- et les droits en dépendant, notamment le droit de
percevoir les trois-quarts des lods et ventes dans les paroisses du Minihy de
Saint-Pol-de-Léon, les droits des prééminences et présentation
des canonicats aux églises de Kersaint-Trémazan et Sainte-Anne
de Lesneven et chapelles de N.D. de Recouvrance, N.D. de Trézien, N.D.
de Porspoder, N.D. de Bodonou, Saint-Eloi, Saint-Laurent, Saint-Antoine, Saint-Samson,
Saint-Convel, Lochrist, Keroualle, N.D. de Pitié....
L'acquéreur déclare que les biens relevant du Roi sous son domaine
de Brest valent 1 612 944 livres ; ceux relevant du domaine du Roi à
Lesneven 1 312 944 livres 10 sols ; ceux relevant de la principauté de
Léon, à Landerneau, 496 111 livres et ceux relevant du fief des
réguaires de Léion, 24 000 livres.
Un établissement de cure près des sources de Keroual aurait été autorisé par Monseigneur le prince de Guéméné selon l'écrit du docteur Breton sur les Eaux minérales de Keroualle (voir le chapitre sur les eaux à Guilers). Le titre de prince que donne le docteur Breton à Henri-Louis-Marie de Rohan s'accorde tout à fait à ce descendant d'une famille illustre et connue de "haute antiquité". Comme l'indique leur devise "Roi ne puis, duc ne daigne, Rohan suis", la famille alliée à la maison de Bretagne et à d'autres maisons souveraines, est riche et puissante. Elle a produit des hommes de guerre, maréchaux et lieutenants-généraux ; des hommes de la maison du Roi ; des hommes d'église, évêques-princes de Strasbourg, grands aumôniers dont Louis-René-Edouard, à l'origine d'un scandale à la cour de Louis XVI.
"Le prince de Guéméné,
époux de la fille du maréchal de Soubise, pour faire face à
ses énormes dépenses de grand seigneur, avait depuis plusieurs
années, fondé avec différents membres de sa famille, une
banque qui rayonnait sur tout le Finistère, ayant même une succursale
à Lorient, et le 2 octobre 1782, il fit une faillite dont le passif monta
à 33 millions de livres, un chiffre énorme pour l'époque"
écrit Denis de Thézan. Cette somme correspond à la dette
américaine dûe à la France après la Guerre d'Indépendance
(35 millions de livres soit environ 117 millions d'euros).
Le crack de la banque Rohan est une calamité pour la ville de Brest.
Les habitants y ont en effet placé près de 3 millions de livres.

Brest côté Recouvrance
(dessin de Guillaume Toscer paru dans la Dépêche de Brest)
On remarque, sur ce dessin,
la tour de la Motte-Tanguy, siège de la juridiction du Châtel à
Brest.
sources
archives départementales du Finistère - série B
Michel Antoine, Louis XV, ed. Fayard, 1989
Denis de Thézan, Histoire de la maison de Ploeuc, 1872
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