Le mot chapelle vient du latin caput puis cappa qui est la chape, le capuchon de l'habit monastique. La chapelle désigne à l'origine le trésor et les reliques de l'oratoire. La chapelain est le gardien de ce trésor. Puis le sens du mot s'élargit à l'édifice lui-même. Ces éléments sont empruntés à Claude Villard qui consacre un site aux chapelles bretonnes.
A Guilers, outre les chapelles de l'église, deux autres sont recensées
sur la paroisse : la chapelle du château de Keroual et celle de Saint-Fiacre.
La chapellenie est
le bénéfice attaché à la charge du chapelain, le
prêtre qui dessert une chapelle. Sous l'Ancien Régime, huit chapellenies
existent dans l'église paroissiale à savoir :
- la chapellenie de Notre-Dame de Pitié, chargée de trois messes
par semaine, d'un revenu de 290 livres ;
- la chapellenie de Kerebars ou Kerhuel : une messe le jeudi, revenu de 40 livres
;
- la chapellenie de Kerganoc : une messe tous les vendredis, revenu de 36 livres
;
- la chapellenie de Coatiogan : deux messes par semaine, en 1770 le titulaire
en est M. Kergrach, curé de Saint-Sauveur de Brest
- la chapellenie du Pennec : deux messes par semaine, en 1770 le chapelain en
est l'abbé de Maisonneuve, chanoine de Nantes ; la chapelle est desservie
par le recteur de Guilers, Vincent le Mescam ;
- la chapellenie du Stivel : une messe par semaine, en 1770 le chapelain en
est M. Pichon, prêtre à Plounéour-Ménez ;
- la chapellenie de messire Guillaume Mazé : une messe chaque vendredi
; en 1770 le chapelain est M. Bervas, prêtre à Brest.
(chanoines Peyron & Abgrall, Notice sur Guilers, 1941)
La chapelle de la Trinité, à Keroual
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chapelle du château
de Keroual à la fin du XIXè siècle
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l'autel
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La chapelle de la
Trinité est aussi ancienne que le château. Elle occupe le pavillon
nord, indépendant du corps de logis principal. Un chapelain, à
demeure, en est le desservant : son logement est attenant à la chapelle.
Cette chapellenie donne un revenu annuel de 200 livres, à charge de dire
la messe chaque dimanche et les jours de fêtes.
Un escalier extérieur, en dehors de l'enceinte autrefois murée
du château, permet aux fermiers des seigneurs de Keroual de venir assiter
à l'office.
Le 22 juillet 1765, Vincent le Mescam, recteur de Guilers, marie Louis-Charles
de Baudrant-Desmaizerest et Magdeleine-Anne Sabatier "dans la chapelle
de K/ouale".
Aujourd'hui la chapelle est dépouillée de tout ornement : l'autel
a été réaménagé par Albert Cortellari, architecte
brestois, propriétaire du château de 1967 à 1983 ; un socle
est vide de la statue qu'il soutenait autrefois ; une niche se remarque à
droite de l'autel.
La chapelle Saint-Fiacre
L'autel de la chapelle Saint-Fiacre recouvre une fontaine ; cet oratoire est sans doute très ancien car les premiers "saints" bretons ont christianisé les lieux de culte païen lors de leur évangélisation de l'Armorique gallo-romaine (fontaines et arbres sacrés, mégalithes). Il se peut même que la christianisation de la fontaine soit encore antérieure car Guilers fait partie des paroisses avoisinant le castellum de Brest qui ont pour patron un saint romain. (cf. le chapitre sur l'origine de notre paroisse).
La chapelle est dédiée à saint Fiacre, ermite irlandais vivant au VIIè siècle, patron des jardiniers. Elle porte la date de 1567 et a été consolidée en 1937 ainsi que le rappelle une plaque au-dessus de la porte d'entrée. Comme l'indique un article de presse d'août 1955 signé Lesneven, "l'eau, la pluie , le vent s'engoufraient à l'intérieur. Aussi,est-ce pour mettre à l'abri des intempéries les richesses sculpturales que récelait l'oratoire, que celui-ci fut reconstruit en 1937. Faute de finances plus prospères on se contenta de quatre murs de parpaings et d'un toit..... Du moins, les curieuses statuettes de bois, aux peintures polychromes, furent-elles ainsi préservées." Sur le plan ci-dessous, le mur de parpaings est figuré par le carré rouge.
L'intérieur
de la chapelle, aujourd'hui propriété privée, découvre
quatre madriers supportant le toit. Une grille de bois limite un espace de plan
carré de 3 m de côté environ. "Au niveau du sanctuaire,
il y a imbrication de l'oratoire et de la fontaine, si bien qu el'autel est
en surplomb sur le bassin dont il n'est séparé que par une planche,
soutenu par une claire-voie. Cette position détermine deux niveaux à
l'intérieur de l'oratoire qui réduisent l'espace à des
dimensions fort restreintes" peut-on lire sur le livret
de l'AUCUBE consacré à Guilers (1977).
Un crucifix, datant du XVIIè siècle, est fixé au-dessus
de l'autel ; à sa gauche se trouve une statue de la Vierge, du XVIIIè
siècle ; à sa droite est une statue de saint Jean (XVIIIè
siècle églement). La plus vieille des statues est celle de saint
Fiacre : le père
Castel la date du XVIè siècle.
![]() chapelle saint Fiacre |
![]() plan de la chapelle (d'après l'AUCUBE) |
![]() statue du XVIè |
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