Les structures anciennes de la commune

 

Dans tout pays, les structures les plus anciennes sont sans conteste les chemins, les voies d’accès à travers collines, landes , forêts, les sentiers côtiers, les pistes amenant chacun à découvrir d’autres contrées, d’autres gens, à favoriser les échanges.

Puis l’esprit d’appartenance à une communauté amène les hommes à se définir un territoire. Les Bretons feront ainsi en Armorique et créeront les paroisses, christianisant les anciennes stèles, les lieux de culte païen en érigeant des croix et en construisant des oratoires, des chapelles. Le centre de vie sera, de nombreux siècles durant, l'église paroissiale.

La céréale est la base de la nourriture. A la meule à bras des temps protohistoriques succède les meules entraînées par un moulin mû par la force du vent ou de l'eau. Le bâtiment du moulin est un lieu incontournable et structure la vie communautaire.

Enfin, la vie passe ! Des quartiers naissent autour du bourg, des villages meurent dans la campagne environnante. Ils laissent comme seuls souvenirs un nom sur des registres, un rappel des anciens disant la vie d’autrefois à Kergreis ou à Ti Coz.

Il n'est pas l'objet dans ce chapitre, vous l'avez vu, de suivre un ordre chronologique mais de donner les jalons les plus anciens (hormis les maisons nobles) qui, des temps gallo-romains, rejoignent l'époque féodale.

 

Les vieux chemins 

L'expression "voie romaine" est trop souvent utilisée pour désigner les vieux chemins qui poursuivent pendant quelques centaines de mètres un tracé en ligne droite, aussi il faut se méfier de ce qualificatif. Les spécialistes ont recensé deux voies romaines traversant Guilers.

 

Au moment de la conquête, les Romains, puis les Gallo-Romains, utilisèrent le tracé des anciennes voies gauloises et même préhistoriques empruntées jadis par la population armoricaine pour leurs échanges commerciaux. Les véritables routes, dignes de ce nom, n'ont été ouvertes que beaucoup plus tard, au XVIIIème siècle, sous l'impulsion du duc d'Aiguillon alors commandant en chef en Bretagne de 1753 à 1766 ; encore ce réseau de communications n'a-t-il été conçu qu'en fonction de préoccupations militaires.

Les tracés de l'ancien réseau se reconnaissent encore de nos jours et servent encore d’assiette aux chemins départementaux ou communaux.

Les voies romaines

La route entre Beg Avel et Ti Colo est un tronçon de la première voie romaine recensée sur Guilers. Cette portion fait partie d’une voie antique « transléonarde » qui reliait St Pol de Léon à la station maritime de Saliocanus Portus (peut-être Pors Liogan entre le Conquet et la pointe St Mathieu ?) et aménagée pour faciliter la défense de la façade maritime.
Passant au sud de Plabennec, cette voie se divise en deux branches avant de pénétrer dans la commune de Milizac ; l’une rejoint Trémazan ; l’autre traverse les villages de Kervern, Kerivot et Coat Laeron pour aboutir au chemin départemental n° 67 (route de Gouesnou à Saint-Renan) au niveau de Beg Avel. Elle emprunte la route actuelle jusqu’à Ti Colo, Pont Avennec et le Poteau puis remonte vers Kerzouar. Après avoir ainsi traversé la commune de St Renan, une nouvelle bifurcation se fait à Kroaz ar Biz en Ploumoguer : une des voies conduit à Portzmoguer, l’autre à Porsliogan.

La seconde voie romaine, aussi importante, traverse la commune d’est en ouest, au sud du bourg. Venant de la direction de Landerneau, par Lambézellec, elle traverse la Penfeld à gué en descendant de Quizac. Remontant à Menez Bian, Kervaly et Kerjean par la « rabine de Coslannoc », elle redescend sur Campir, traverse la rivière à Pont Corff et rejoint la voie « transléonarde » au Pont de l’Hôpital en Ploumoguer après avoir traversé par Kérédec et Lezvézennec. Auprès de Langongar, elle coupe un autre très vieux chemin qui aboutit au Dellec par les villages de Moguer et Kerborhel en Plouzané.


(1) Tronçon de la voie romaine de Landerneau à Ploumoguer
au niveau du croisement de Kerionoc - le Cosquer

A ces deux pagees voies de passages (la carte est visible au chapitre sur la période gallo-romaine à Guilers) sont venues par la suite se greffer des voies secondaires, des diverticules, desservant soit les centres des fundi de l’époque gallo-romaine soit, plus tard, après l’éclatement des grands domaines fonciers, les établissements des premiers possesseurs du sol.

 

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