Les réparations de l'église et les archives de la fabrique
la fabrique
La paroisse a été,
jusqu'à la création des communes, autant le centre spirituel qu'administratif
de la communauté. Au début du XIIIè siècle apparaissent
les "fabriques" contrôlées par les autorités religieuses
puis, au XIVè, gérées par les paroissiens eux-mêmes.
Le "général", c'est-à-dire l'assemblée
générale des chefs de famille, se réunit à l'église
le dimanche après la grande messe pour débattre des arrêtés,
des ordonnances, de la vie et des comptes de la paroisse. Ainsi, le général
de la trève de Bohars se réunit en 1716 pour délibérer
sur les réparations à faire au presbytère de Guilers.
Un arrêt du Parlement de 1688 réduit le rôle de l'assemblée
des chefs de famille en confiant l'essentiel de l'administration des affaires
de la paroisse à un "corps politique", composé d'une
douzaine de membres, le plus souvent les notables et les anciens fabriciens.
Après la Révolution, le politique est séparé du
religieux : le maire, les officiers municipaux et les notables forment le conseil
général de la commune. La paroisse est gérée au
spirituel par le recteur et les vicaires, au temporel par le conseil de fabrique.
Les hommes formant le conseil de fabrique sont nommés fabriques, fabriciens
ou marguilliers.
Au hasard des archives, voici le nom de
quelques fabriciens :
- en 1692, le représentant du général de la paroisse est
Jean Piriou, gouverneur et marguillier en charge.
- en 1766, Pierre le Diou, marguillier, est parrain de la cloche qui porte son
prénom.
- en 1791, le maire et le conseil général nomment comme fabriciens
Mathieu-Claude Le Vaillant, de Pont Cabioch, Jacques Audren, de Kerallouet,
Jean Salaun, de Treveoc.
- en 1794, Olivier Trebaul, marguillier de la fabrique de Saint Valentin, cède
sa place à Jean Chopin et lui remet le solde des comptes de la fabrique.
- en 1896, René Riou, Pierre Kervennic et Jean Le Roux sont élus
au conseil de fabrique.
- en 1902, hors Victor Duclos, recteur, et Yves Le Hir, maire, membres de droit
; Henri Le Monnier est élu trésorier comptable du bureau des marguilliers
tandis que Pierre Kervennic est président du conseil de fabrique. Pierre
Lucas est président du bureau et Jean Le Roux est secrétaire.
Le conseil de fabrique s'occupe aussi bien de l'achat des objets et matériels nécessaires au culte que de la gestion des biens immobiliers de la paroisse comme, en 1881, trois maisons louées au bourg et à Kerdrel que des gages. Ainsi, le budget de 1906 prévoit 400 Fr à la sacristaine, 100 Fr aux chantres, 25 Fr à l'organiste, 100 Fr au suisse, 125 Fr au bedeau et 180 Fr au régisseur des chaises. Le traitement des deux vicaires revient à 500 Fr et le recteur reçoit une indemnité de logement de 300 Fr.
les réparations et les acquisitions diverses
note : en 1705, une partie des archives brûle dans l'incendie de la maison d'un marguillier, puis une nouvelle fois en 1944 lors du bombardement du presbytère.
1643 - réparation du clocher, au
ciment fait de goudron et de larc (?)
1643 - un mur est construit pour entourer le cimetière : 25 livres 12
sols
1657 - frais de réparation à la chapelle de Mesnoalet et achat
d'un tableau de saint Jean Baptiste
1657 - un orfèvre de Saint-Renan répare le saint ciboire et un
relieur, Monoury, remet en état le graduel et le missel.
1726 - réfection du chur
1763 - reconstruction de l'église : les pierres viennent de Lanvennec
en Lanrivoaré.
1763 - achat de la croix du clocher : 49 livres.
1785 - Jean Bruslé réalise les deux bas côtés de
la balustrade en fer, pour la somme de 800 livres
1790 - reconstruction du clocher pour l'élever d'un pied, achat du coq
du clocher pour 40 livres
1829 - réfection de la toiture, 2 300 ardoises sont utilisées
1887 - vente des pierres de l'ancien pavé de l'église qui rapporte
288 Fr et exécution d'un pavé en ciment pour 1 232,85 Fr.
1901 - achat de la croix de mission, 1 750 Fr (soit près de 5 200 €
ou 35 000 Fr année 2000)
1925 - agrandissement du chur et construction d'une nouvelle sacristie
(celle utilisée actuellement). M. Paugaum, recteur, fait dresser un nouveau
plan d'agrandissement du chur par M. Mocaer, architecte à Brest.
Le fond du chur qui auparavant prolongeait le mur de l'ancienne sacristie
est reculé de 2,10 m dans le cimetière. Une nouvelle sacristie
est construite à droite ; les deux piliers centraux qui masquent le chur
sont démolis et réduits aux dimensions des autres piliers de la
nef, privant ainsi le maire et son adjoint de leurs emplacements réservés
à l'église. C'est aussi à cette époque qu'est posée
la statue de N.D. de Lourdes (aujourd'hui dans la chapelle de l'hôpital)
dans une niche creusée dans le chur formant, selon les dires du
père Castel, "une excroissance peu heureuse, vu du dehors".
Ces travaux sont éxécutés par M. Labbé, entrepreneur
à Guilers.
1950 - restauration du clocher de l'église selon un nouveau plan, suite
à sa destruction en août 1944
1975 - installation de la sonorisation ; le système d'éclairage
est modernisé.
1981 - une nouvelle peinture des murs intérieurs apporte de la clarté
à la nef
1997 - consolidation du clocher et ajout de contre-poids en bois aux cloches
N.B. : la plupart des renseignements antérieurs à la Révolution proviennent des notes que le docteur Dujardin a prises à partir des archives de la fabrique de Guilers
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