
Lavandières à Penfeld
(coll. Marcel Hervé)
Projet de création d'un lavoir à Penfeld :
14 mai 1833 - Mr le maire
donne lecture d'une lettre en date du 8 de ce mois du sieur Drogou, propriétaire
demeurant à Penfeld, lequel propose de construire à ses frais
et d'entretenir constamment un lavoir de cinq mètres de longueur sur
trois mètres de largeur, dans un placître vaseux, situé
entre le côté est de la prairie de Kerven, le chemin vicinal de
Brest à Saint-Renan et l'eau qui sépare cette commune de celle
de Bohars ; se servant pour alimenter ce lavoir de l'eau de la fontaine qui
borde la route, qu'il relevera, et de l'eau du petit ruisseau du croissant,
suivant le plan joint à sa lettre ; à la condition de jouir lui
et ses locataires exclusivement du susdit lavoir le mercredi et le jeudi de
chaque semaine et que les autres jours, le lundi, le mardi, le vendredi et le
samedi, tous les habitants de cette partie de la commune pourront s'en servir
pour y laver sans aucune rétribution et sans pouvoir en être empêchés
par le dit Drogou ou ses locataires.
Le Conseil municipal trouvant la proposition qui lui est faite utile et du plus
grand avantage pour les habitants voisins, presque tous ouvriers chargés
de famille, qui ne peuvent laver leur linge que dans des ruisseaux souvent fangeux,
et aussi en ce que cet établissement assainira un endroit qui, lorsqu'il
est découvert par les eaux laisse échapper des miasmes insalubres,
adhère à la proposition du sieur Drogou, avec les conditions exprimées
dans la lettre, sauf l'approbation de l'autorité supérieure.
(archives communales Guilers)
Plusieurs lavoirs sont visibles d'un chemin
lors d'une promenade, citons Saint-Valentin, Kermengleuz, Pen an traon, le Cosquer,
Keroual, Menez Bihan, la Villeneuve, Penfeld, Coat ty ogan, Kerebars. Le lavoir,
outre sa fonction première, reste dans la tradition bretonne le lieu de réunion
des femmes. Au lavoir arrivent les nouvelles, du lavoir ces nouvelles plus ou
moins modifiées alimenteront la discussion à la maison ou dans le quartier.
Chaque femme a son coin au lavoir et gare à celle qui prend la place dune
autre ! Il y a eu à Guilers, comme dans les autres bourgs, des femmes
dont le métier était lavandière.
![]() lavoir de Saint Valentin vers 1930 |
![]() lavoir de Saint Valentin et son abreuvoir en 1955 |
Le bourg compte trois lavoirs : deux à Kermengleuz dont un désormais enfoui sous la route de Brest à St Renan et un à Saint Valentin, point de rencontre non plus des " commères " mais des jeunes de la commune. Le lavoir de Saint- Valentin a été utilisé jusque dans les années 1980 par quelques dames qui y venaient encore laver les draps. Elles estimaient que la machine à laver abîmait et ne donnait pas daussi beau linge que celui lavé et bouilli au lavoir.
Comme le puits, le lavoir peut être
public ou privé. Ainsi, Charles Le Hir, ancien maire de Guilers, laisse lusage
du lavoir privé de Kermengleuz situé dans une de ses prairies contre
une bouteille de vin que lon offre aux hommes qui font les foins. Si le
lavoir est le lieu des lavandières, ce sont les hommes du village qui
le récurent une fois l'an. Sous limpulsion de leur conseil municipal,
certains jeunes de Guilers ont, au printemps 1996, recommencé les gestes dautrefois
en nettoyant le lavoir. Une même expérience a été
réalisée avec des élèves de l'I.M.E. de Lanvian
à Brest quand ils ont récuré le lavoir du "milin izellañ"
de Keroual, en mars 1989.
Le ruisseau de Keroual et ses petits affluents alimentaient 5 lavoirs entre la Croix Rouge et Menez Bihan.

Au milieu du bois
de Keroual,
lavoir utilisé comme cressonnière avant
la Seconde Guerre Mondiale
Une carte postale portant un cachet de poste daté de 1896 montre un bateau-lavoir installé sur l'étang de la Villeneuve, juste en contre-bas des établissements de la Marine.
![]() lavoir de Saint-Fiacre - cliché 1997 |
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