Les lavoirs

Le lavoir est nommé poul, comme on l’a vu plus haut. Poul Saint Valentin fait l’objet d’une adjudication en 1793 où il est demandé à Jean Phelep, locataire de la prairie et de son lavoir, de " vuider et curer les ruisseau qui déval la fontaine et douet pour que les eaux ne journent dans le dit douet, n’y infecte les linges des citoyens et même suspensible des maladies " (Archives municipales). A Kerloquin, au village de la Tour et à Penfeld, ce sont des emplacements aménagés au bord de la rivière avec pierre à laver pour battre le linge, les colven, qu'utilisent les lavandières.


Lavandières à Penfeld (coll. Marcel Hervé)

Projet de création d'un lavoir à Penfeld :

14 mai 1833 - Mr le maire donne lecture d'une lettre en date du 8 de ce mois du sieur Drogou, propriétaire demeurant à Penfeld, lequel propose de construire à ses frais et d'entretenir constamment un lavoir de cinq mètres de longueur sur trois mètres de largeur, dans un placître vaseux, situé entre le côté est de la prairie de Kerven, le chemin vicinal de Brest à Saint-Renan et l'eau qui sépare cette commune de celle de Bohars ; se servant pour alimenter ce lavoir de l'eau de la fontaine qui borde la route, qu'il relevera, et de l'eau du petit ruisseau du croissant, suivant le plan joint à sa lettre ; à la condition de jouir lui et ses locataires exclusivement du susdit lavoir le mercredi et le jeudi de chaque semaine et que les autres jours, le lundi, le mardi, le vendredi et le samedi, tous les habitants de cette partie de la commune pourront s'en servir pour y laver sans aucune rétribution et sans pouvoir en être empêchés par le dit Drogou ou ses locataires.
Le Conseil municipal trouvant la proposition qui lui est faite utile et du plus grand avantage pour les habitants voisins, presque tous ouvriers chargés de famille, qui ne peuvent laver leur linge que dans des ruisseaux souvent fangeux, et aussi en ce que cet établissement assainira un endroit qui, lorsqu'il est découvert par les eaux laisse échapper des miasmes insalubres, adhère à la proposition du sieur Drogou, avec les conditions exprimées dans la lettre, sauf l'approbation de l'autorité supérieure.

(archives communales Guilers)

Plusieurs lavoirs sont visibles d'un chemin lors d'une promenade, citons Saint-Valentin, Kermengleuz, Pen an traon, le Cosquer, Keroual, Menez Bihan, la Villeneuve, Penfeld, Coat ty ogan, Kerebars. Le lavoir, outre sa fonction première, reste dans la tradition bretonne le lieu de réunion des femmes. Au lavoir arrivent les nouvelles, du lavoir ces nouvelles plus ou moins modifiées alimenteront la discussion à la maison ou dans le quartier. Chaque femme a son coin au lavoir et gare à celle qui prend la place d’une autre ! Il y a eu à Guilers, comme dans les autres bourgs, des femmes dont le métier était lavandière.


lavoir de Saint Valentin vers 1930

lavoir de Saint Valentin et son abreuvoir en 1955

Le bourg compte trois lavoirs : deux à Kermengleuz dont un désormais enfoui sous la route de Brest à St Renan et un à Saint Valentin, point de rencontre non plus des " commères " mais des jeunes de la commune. Le lavoir de Saint- Valentin a été utilisé jusque dans les années 1980 par quelques dames qui y venaient encore laver les draps. Elles estimaient que la machine à laver abîmait et ne donnait pas d’aussi beau linge que celui lavé et bouilli au lavoir.


Comme le puits, le lavoir peut être public ou privé. Ainsi, Charles Le Hir, ancien maire de Guilers, laisse l’usage du lavoir privé de Kermengleuz situé dans une de ses prairies contre une bouteille de vin que l’on offre aux hommes qui font les foins. Si le lavoir est le lieu des lavandières, ce sont les hommes du village qui le récurent une fois l'an. Sous l’impulsion de leur conseil municipal, certains jeunes de Guilers ont, au printemps 1996, recommencé les gestes d’autrefois en nettoyant le lavoir. Une même expérience a été réalisée avec des élèves de l'I.M.E. de Lanvian à Brest quand ils ont récuré le lavoir du "milin izellañ" de Keroual, en mars 1989.

Le ruisseau de Keroual et ses petits affluents alimentaient 5 lavoirs entre la Croix Rouge et Menez Bihan.


Au milieu du bois de Keroual,
lavoir utilisé comme cressonnière avant la Seconde Guerre Mondiale

Une carte postale portant un cachet de poste daté de 1896 montre un bateau-lavoir installé sur l'étang de la Villeneuve, juste en contre-bas des établissements de la Marine.


Bateau-lavoir de la Villeneuve (coll. Marcel Hervé)

lavoir de Saint-Fiacre - cliché 1997

 

 

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