Si l'Aber-Ildut ne connaît pas la mer
à Guilers, il est une véritable ria sur notre commune : le
cours inférieur de la Penfell.
Cette rivière s'est appelée Caprella en latin, puis traduite
en Chevrette. Ce n'est qu'au XVIIème siècle qu'elle sera "germanisée"
en Penfeld par un ingénieur de la Marine. Par convention, j'écrirai
Penfell (le nom breton) pour la rivière et garderai le nom officiel
de Penfeld pour le village.

Réseau hydrographique de la Penfell
La Penfell prend sa source à Guipavas, près de l'aéroport. Sur un parcours d'une douzaine de kilomètres, elle traverse les communes de Gouesnou, de Bohars et Brest-Lambézellec avant de ressentir l'effet des marées au village de Penfeld.

Arrivée
de la Penfell dans la ria jusqu'où la marée
remonte. Au fond, le moulin Talarn.
Elle offre depuis des
siècles un abri sûr aux bateaux et
sert de voie pour le transport des marchandises
sur ses trois kilomètres de partie navigable.
En 1631, Colbert développe le port de Brest
et Vauban, en 1683, poursuit son uvre. Sous
l'impulsion de Choquet de Lindu (1712-1790), le
port se modernise et les rives de la Penfell voient
s'élever de nouveaux bâtiments :
le bagne, la prison de Pontaniou, la corderie
haute ; et des travaux d'amélioration comme
l'agrandissement des forges de la Villeneuve,
de nouvelles cales et formes de radoub etc...
Suite au développement de l'arsenal, le
cours inférieur de la Penfell est fermé
aux navires marchands en 1865 et devient exclusivement
militaire.
Ses eaux saumâtres sont utilisées
pour le séchage du bois, tant que dure
la marine à voile. "Dans toute
l'étendue du chenal que nous parcourons,
des deux côtés, une suite non interrompue
de bois enfoncés profondément dans
les vases, et maintenus par des pieux et des traverses,
ne laissent qu'un passage très-étroit
aux embarcations. [...] Enfin on arrive
à Penfeld, où le chenal cesse tout
à fait de porter bateau, et où cessent
aussi les établissements du port"
(Itinéraire descriptif du
département du Finistère - Gilbert
Villeneuve - 1828).
Il y a quelques années, lors d'une opération
de curage, des billes de bois ont été
exhumées de la vase où elles reposaient.
Il avait été envisagé de
construire la Recouvrance, le vieux gréement
de la ville de Brest, avec ce matériau.

Sur cet extrait de carte postale non
datée, on remarque les pieux servant au séchage du bois.
(collection de l'association Racines & Patrimoine - Guilers)