Louise-Renée Penancoët de Keroual,
duchesse de Portsmouth et d'Aubigny
Keroual, Kéroual, Keroualle, Keroualze
? L'orthographe varie beaucoup. En Angleterre on trouve Querouailles, Querouvaille,
Carwell, Kirwell, Kerouaille, Kirouailles ; à Aubigny, Kéroël.
Il est désormais d'usage d'écrire : Keroual.
Penancoët se transforme parfois en Penancoat ou, dans le code de la noblesse
anglaise, Perrencourt ou Penencourt. Il est traduit en français par Chef-du-Bois.
Louise-Renée de Penancoët serait née en septembre 1649. Il n'y a pas trace de son acte de naissance à Guilers ou dans la paroisse voisine des Sept-Saints à Brest. Elle est la fille de Guillaume de Penancoët et de Marie de Pluc mariés en février 1645. Elle a un frère et une sur : Sébastien baptisé à Guilers en 1646 et Henriette-Mauricette née vers 1655 (comme dit précédemment les registres des B.M.S. de Guilers ne sont pas complets à ces dates).

Manoir de Keroual
en 1867. A l'époque de Louise, il devait avoir à peu près même allure.
Aquarelle de Bernadette Coléno
d'après un croquis se trouvant à l'abbaye de Landévennec.
La famille est d'ancienne
noblesse. Guillaume se plaît à montrer à ses enfants le
collier de l'ordre de St Michel que son aïeul reçut du roi Henri
IV pour avoir défendu Brest contre les Ligueurs et les Espagnols. Marie
de Plœuc est la marraine de nombreux soldats protestants de la garnison de Brest
convertis au catholicisme par ses soins.
Encore, Hervé Pezron, sieur de Lesconvel, écrit dans la préface
de son livre dédié à Louise de Keroual : "Cette
souveraine [Jeanne de Montfort, duchesse de Bretagne à la fin du
XIVè siècle] honorait vos ancêtres d'une grande considération
; c'était avec un juste sujet, puisqu'ils étaient de la première
noblesse de ses Etats, par l'antiquité, les emplois et les alliances.
Je sais, madame, qu'avant ce temps-là et depuis il n'est entré
que des filles de bonne maison dans la vôtre : Marie de Plœuc, fille de
monsieur le marquis de Timeur, qui est madame votre mère, et, Marie de
Rieux, votre aïeule, vous ont donné pour parents la plus grande
partie des princes et des grands du royaume."
Voici la généalogie des Penancoët d'après la "Réformation de la noblesse de Bretagne - 1668-1671" et Denis de Thézan dans "Histoire de la famille de Pluc" (1872) :
La branche des Penancoët de Keroual commence à :
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I - Valentin Penancoët, vivant en 1280, qui épouse Adélice de Keroulas. |
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II - Leur fille, Jeanne, héritière de Penancoët, épouse François, juveigneur de Penhoet. Les Penhoet étaient une des quatre premières familles du Léon, après les seigneurs de Rohan, comme l'atteste ce dicton : " Penhoat an Anciantis, Castel ar Vailhantis, Kervaon an Pinvidiguez, Cornadeac'h ar Marc'heguez " ([à] Penhoet l'ancienneté, du Châtel la vaillance, Carman la richesse, Kergournadec'h la chevalerie). Il fut stipulé au contrat de mariage du 10 mai 1330 que les enfants qui naîtraient de cette union prendraient le nom et les armes de Penancoët de Kerouazle : d'argent à trois fasces d'azur. Leur fils : |
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III - Henri de Penancoët, seigneur de Kerouazle, né le 15 juin 1332, se marie en 1355 avec Adélice Le Vayer, dame de Kerandantec. Leur fils : |
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IV - Hervé se marie avec Amice du Refuge, fille d'Hély du Refuge, seigneur de Kernazret, et d'Agathe, dame de Keruzoret. Le mariage a lieu le 2 janvier 1388 en présence de Guillaume Touronce et d'Hervé de Keroulas. Hervé Penancoët devint le père de |
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V - Henri, seigneur de Kerouazle qui, de Julienne de Lanhalla, fille aînée et héritière de la maison de Lanhalla, mariée le 20 août 1429, eut : |
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VI - Valentin Penancoët. Il épousa, en 1452, Alix Courtois, fille aînée et principale héritière de Henry Courtois, seigneur de Kerboronné et de Kerjézéquel, et de Béatrix du Chastel, dont : 1- Hervé de Penancoët, seigneur de Kerouazle et de Kerboronné qui exerça pendant trois ans la charge de procureur général de la province de Bretagne sous la duchesse Anne, et mourut sans alliance ; 2 - Henry, qui suit ; 3 - Valentin Penancoët, de la paroisse de Guiler, qui comparut en archer à la montre de 1503. |
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VII - Henry de Penancoët, seigneur de Kerouazle et de Kerboronné après la mort de son frère aîné, se présenta également en archer à la revue militaire de 1503. Il eut de Marguerite de Mesnoallet, fille aînée et principale héritière de Jean, seigneur de Mesnoallet et de la Villeneuve, qu'il avait épousée le 5 août 1496 : |
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VIII - François, seigneur de Kerouazle, de Kerboronné et de la Villeneuve. Il contracta alliance avec Marguerite de Lesmais, fille de Guy, vicomte de Lesmais et de Plestin, et d'Anne de Kerderien. Leur mariage eut lieu le 21 novembre 1535. D'eux naquit : |
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IX - René de Penancoët, seigneur de Kerouazle, de Kerboronné et de la Villeneuve, qui épousa, le 23 mai 1559, Françoise de Kerhoënt, fille d'Alain de Kerhoënt, seigneur de Trohéon, baron de Kergournadec'h et de Jeanne de Kergournadec'h. Les enfants furent 1 - Guillaume de Kerouazle, qui suit ; 2 - Jean de Penancoët, seigneur de Quillimadec, transigea pour son supplément de partage par acte du 21 mai 1610 avec son aîné et créa la branche des seigneurs de Quillimadec dans la paroisse de Ploudaniel ; 3 - Marie de Penancoët, mariée par contrat du 26 juin 1581 à Charles Le Bigot, seigneur de Kerjégu, de Langle et de Kermalvez ; 4 - Julienne de Penancoët épousa le 25 juin 1590 François Rioualen, seigneur de Meslean. |
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X - Guillaume de Penancoët, seigneur de Kerouazle, de Kerboronné et de la Villeneuve, fut capitaine de soixante gentilshommes de l'arrière-ban de l'évêché de Léon sous le marquis de Sourdéac, qui lui donna le cordon de l'Ordre de Saint Michel par ordre du roi le 14 janvier 1609. Il eut pour femme Guillemette Barbier, fille de Louis Barbier, seigneur de Kerjean et de Jeanne Gouzillon : cette union se fit le 17 septembre 1590 et il en provint : 1 - René, qui suit ; 2 - Jean (Jan Penanchoet), né à Keroual le 13 avril 1593 et décédé le 11 juillet de la même année ; 3 - Suzanne de Penancoët (née à Keroual le 12 août 1594) épousa, le 6 juillet 1616, Claude Le Vayer, seigneur du Ster : elle est qualifiée Dame des Isles ; 4 - Marie de Penancoët, alliée le 22 août 1627 à Noël de Kerguen (ou Kerven), seigneur dudit lieu ; 5 - Guillemette-Renée de Penancoët fut mariée le 18 septembre 1635 à Jean de Guernisac, seigneur de Kerham et de Traoulen ; 6 - Julienne de Penancoët, femme de Guillaume Le Talec, seigneur du Stivel ; 7 - Françoise de Penancoët (née à Keroual le 7 novembre 1600) fut unie, par contrat du 16 juin 1619, à Hervé Touronce, seigneur de Kervéatoux et de Kergoniou ; 8 - Madeleine, née à Keroual le 22 juillet 1608, religieuse. |
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XI
- René de Penancoët, né à Keroual le 16 avril 1596,
chevalier, seigneur de Kerouazle, de Kerboronné et de la Villeneuve, eut
pour femmes : 1° - le 12 octobre 1612, Julienne Hémery du Pont-l'Abbé, dame de Chefdubois, héritière de la maison de Pont-l'Abbé qui donna naissance à Guillaume, qui suit. 2° - le 27 septembre 1625, Françoise Laurens, dame de Kerleuguy, fille de Jacques Laurens, seigneur de la Motte et de Jeanne de Kerloaguen. De cette union naquirent : 1 - Claude de Penancoët mariée le 15 janvier 1646 à Sébastien, baron de Montaigu, seigneur de Sourdeval et autres lieux, fils de François, baron de Montaigu et de Marguerite de Rosmadec ; 2 - Marie de Penancoët, femme de Jean Troussier, vicomte de la Gabetière ; 3 - Julienne de Penancoët, religieuse au couvent de Ste Ursule à Lesneven en 1684 ; 4 - Marguerite, née à Quimper, paroisse de la Chandeleur, le 17 janvier 1633, les parents sont dits sieur et dame de Coatsaliou. |
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XII - Guillaume de Penancoët, chevalier, dit le comte de Keroualle, seigneur de Kerboronné, de la Villeneuve et de Chefdubois épouse le 27 février 1645 Marie de Plœuc, fille du marquis du Timeur et de Marie de Rieux. |
| XIII - De leur union naissent : 1 - Sébastien, baptisé à Guilers le 4 novembre 1646 et mort sans alliance en 1669 ; 2 - Louise-Renée, duchesse de Portsmouth, née en 1649 qui aura une descendance ; 3 - Henriette-Mauricette, décédée à Paris le 12 novembre 1728, âgée d'environ soixante-dix ans, mariée deux fois, avec descendance. |
Ainsi, le nom de Penancoët de Keroual s'éteint à la mort de Sébastien de Penancoët, en 1669. Son père, Guillaume, meurt en 1690 et sa mère, Marie de Plœuc, en février 1709.
Les Penancoët ont pour armes "fascé d'argent et d'azur de six pièces" ou "fascé de six pièces, à la bordure chargée de six annelets en orle", sur un sceau de 1306. Leur devise est "A bep pen lealdet" (En tout loyauté) ou "En diavez" (A découvert).
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Louise fit sans doute ses études au couvent Ste Ursule de Lesneven (actuel musée du Léon) où sa tante, Julienne de Penancoët, était religieuse, écrit Jeanine Delpech (1). L'éducation fut-elle plus portée sur le savoir-paraître d'une jeune fille en société que sur les "lettres"? L'élève fut-elle attentive ? Ses écrits fourmillent de fautes, à l'instar de nombre de ses contemporains qui admettent une tolérance graphique, l'orthographe n'étant pas figée comme de nos jours.
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"Daubignis ce 22 octobre 1730 Je ressu judi vostre lestre du 28 septambre de votre stille charme mon aymable mylord de vostre atansion ame mander lestat de lasante de vostre aymable fame et de ce cher fils pour lequel je pris le seigneur journellement de nous le voulloyr conserver ... " |
" DAubigny, ce 22 octobre 1730 Je reçus jeudi votre lettre du 28 septembre de votre stylet. Charmée, mon aimable milord, de votre attention à me mander létat de la santé de votre aimable femme et de ce cher fils pour lequel je prie le Seigneur journellement de nous le vouloir conserver... ". |
(lettre de Louise de Keroual adressée à son petit-fils à l'occasion de la naissance de son arrière-petit-fils, Charles Lennox, troisième du nom - archives Goodwood)
Un fac-similé d'une autre lettre accompagne le livre de Forneron. En date d'octobre 1692, cet extrait donne en outre la signature "L. duchesse de Porstmout"
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l'extresme misere dais abistans et dais paysant
alantour daubignie qui est ma duché me fait monsieur avec instence vous
conjurer davoyr pitiés du maleureux estat ou il sont réduyt...
L. duchesse de Porsmout |
Les auteurs la disent belle, pour les canons
du XVIIè siècle :
- un courtisan écrit "Je viens de la voir, cette fameuse beauté.
C'est à mon avis une figure de petite fille, une figure naïve, enfantine".
Elle a, en Angleterre, le surnom de "baby face" (visage poupin).
- malgré les différents portraits, où elle doit porter
une perruque brune, elle a le cheveu blond ou châtain clair. Forneron
écrit : "ce prince [Charles II] trouva du charme dans la conversation
de cette blonde qui paraissait douce et triste...", plus loin, à
propos d'un incident survenu " l'il resta plusieurs jours fort noir,
ce qui fit dire par des plaisants sans pitié qu'elle voulait cesser d'être
blonde et avoir les beaux yeux noirs de madame Mazarin".
- chacun s'accorde à la décrire grande et d'une taille charmante,
c'est-à-dire un peu forte.
- Nell Gwynn, sa plus grande rivale à la cour d'Angleterre, la surnomme
Squintabella (la belle qui louche) à cause d'un léger strabisme
à l'il.
- Charles II lui donne le petit nom de Fubby (fubb = grassouillette).
(1) : En 1678, le roi Louis XIV autorise le marquis de Coatanfao et la marquise de Kergroadez à établir un couvent pour une partie des religieuses ursulines de Saint-Pol-de-Léon. Denis de Thezan nous apprend que Julienne de Penancoët est bien religieuse dans ce couvent par un acte daté de 1684. Louise de Keroual n'a pas pu faire ses études dans ce couvent car elle était âgée de 29 ans à sa création !!! - Retour au texte
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