Les moulins à Guilers 

Inventaire des moulins
La mécanique
Le meunier

 

Au XVIème siècle, Melin an Duc (le moulin du duc) appelé aussi Melin Daliben situé à Penfeld izella dans le bas de Guilers rappelle qu’avant la Révolution, le moulin était un bien du seigneur. On l’appelait alors le moulin banal car les paysans avaient l’obligation de faire moudre leurs grains au moulin du seigneur dont ils dépendaient, seigneur qui avait droit de ban, c'est-à-dire droit de proclamer des ordonnances.

     La Coutume de Bretagne, en son article 377, précise que « Et nonobstant qu’aucun aurait au fief d’un seigneur maison en la banlieue de ses moulins, il serait néanmoins tenu (de) suivre et obéir aux moulins du seigneur duquel il est étager mansonnier » ; la banlieue "contient six vingt cordes ... assises par six fois" (article 383) à partir de la résidence du seigneur, l'étager mansonnier est sujet de l’exploitation agricole appartenant au seigneur même s’il réside sur le domaine d’un autre noble. A ce propos, en 1730 ou 1731, François Bothorel, meunier du « moulin de K/mao en Guiler » (aujourd’hui Kervao sur la commune de Bohars) intente un procès contre Jacques Thomas et d’autres « sujets » afin de les obliger à « suivre le distroit du moulin de K/vao ». A noter, au passage, la définition de la banlieue qui contient six vingt cordes (120), façon toujours actuelle de compter en breton (base 20 : on dit daou-ugent [deux-vingts], tri-ugent [trois-vingts] pour 40 et 60 ; le français a gardé ce mode dans quatre-vingts).

L’article 6 du Cahier des Doléances de Guilers, rédigé le 1er avril 1789, insiste sur ce droit des seigneurs : « Nous espérons encore que Sa Majesté voudra bien abolir pour jamais le droit odieux de suite de moulin et fours banaux. Sa Majesté finira par là d’éteindre les dernières marques de notre servitude ».

Ce privilège aboli, d’autres moulins apparaissent. Mais la plupart des moulins de Guilers ont une origine seigneuriale : Kerboroné, Keroual, Mesnoalet, Coat ti bescond, Pen an Traon, Kerguillo, Pen ar Créarc’h.

Le maire de Guilers répond le 14 février 1861 à une enquête du sous-préfet de Brest que « les moulins à farine existant sur la commune se trouvent au nombre de quinze, non compris la minoterie de Castel Mein ». Ce chiffre est assez étonnant compte tenu de la taille des ruisseaux, mis à part ceux du Tridour et de Pont Cabioch. Les autres ont un débit assez faible, presque nul en période d’étiage (niveau des rivières au moment des plus basses eaux). Aussi, pour compenser le manque d’eau, il a fallu créer des étangs de retenue importants appelés en breton lennou, lenn . La majorité des moulins possèdent leur lenn et la plupart figurent encore sur l’ancien cadastre. Seules subsitent aujourd'hui les lenn huellañ de Coat-ti-besond et de Keroual. En 1849, le conseil municipal écrit au sous-préfet : « [...] il n’existe sur la commune ni marais, ni lacs de mer ; mais bien cinq petits étangs qui alimentent un nombre égal de moulins [...] ».

 

Inventaire des moulins

     * L'Aber Ildut, riche en moulins, intéresse Guilers à Pont-Corff.

     * Le ruisseau de Coat-ti-bescond alimente deux moulins.

     * Le modeste ruisseau qui prend sa source au lavoir de Kermengleuz fait tourner quatre moulins : deux à Pen an Traon, un à la Tour et un autre à Mesnoalet.

     * Le ruisseau qui descend de Feunteun Viler alimente quatre moulins, ou plutôt trois et une minoterie. Deux sont situés à Keriolet, le troisième est la minoterie de Castel Mein, le dernier moulin se situe à Menez Bian.

     * Le ruisseau de Pont Cabioch fait tourner le « moulin neuf » qui a sans doute succédé au moulin de Pont-Cabioch, les moulins du Buis, de Stang ar C’Houlm et de Pen ar Créac’h. On peut encore rajouter le moulin de Kergoff et le moulin "ar roux", en amont de Pont Cabioch.

     * Le ruisseau du Tridour alimente quatre moulins à Kerboroné et deux autres au Tridour. Continuant son cours vers la Penfell, il passe aussi par Kerguillo, Milin Gouez et enfin rejoint la ria au moulin Daliben.

Toutes époques confondues ce sont 27 moulins que l’on recense, sans compter les nombreux moulins de Bohars qui, rappelons-le, ont contribué à la vie économique de Guilers jusqu’en 1791. Les fluctuations entre frontières paroissiales, limites des terres nobles et, après la Révolution, circonscriptions communales, font que certains moulins sont aujourd'hui compris dans les territoires des communes périphériques comme Brest (Saint-Pierre-Quilbignon), Bohars et Saint-Renan.

Retrouvez ces moulins sur la carte de Guilers

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