extrait de la notice explicative accompagnant la carte nÝ 57 au 1/80 000è (édition de 1972) du B.R.G.M. (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), autorisation CFG - 96/02.
Les recherches effectuées
dans le Pays de Léon depuis 1957, en vue de lexploitation de cassitérite
alluvionnaire, ont permis de préciser la composition du remblaiement des vallées.
La flat stannifère de SaintRenan sera décrit à titre dexemple. Il
occupe le cours moyen de lAberIldut et sétend sur 3,5 km selon
la direction Sud EstNord Ouest depuis Penn ar Pont à la sortie de SaintRenan
jusquau seuil de Lannéon ; sa largeur atteint localement 600 m ;
sa profondeur est en moyenne de 4,5 m mais peut dépasser 6 mètres. Ce flat est
essentiellement encaissé dans le granite de SaintRenan, sauf au Nord où
il sétend sur une bande de gneiss ; il est limité à laval par
un seuil étroit formé par le granite fin à tourmaline de Plouarzel.
grains de cassitérite (minerai d'étain)
La coupe type du flat est la suivante de haut en bas :
4 : 0,50 à 1 m dhumus tourbeux et de terre végétale, passant à largile. Cette couche est, le plus souvent, à peu près totalement dépourvue de cassitérite.
3 : Alluvions récentes : 0,50 à 1,50 m de sables argileux ou dargiles plus ou moins sableuses de couleur grise assez faiblement minéralisés en étain (50 à 300 g/m3) ; 0,50 à 2 m de sables et graviers gris, montrant souvent des galets anguleux de quartz et de granite, qui représentent la couche riche du gisement (500 à 2 000 ou 3 000 g/m3 détain).
2 : Alluvions anciennes : 1 à 2 m de sables argileux, compacts, jaunes ou bruns, de teneurs le plus souvent inférieures à celles de la couche précédente.
1 : Le bedrock est constitué par le granite de SaintRenan, le plus souvent arénisé sur plusieurs mètres.
La coupe des alluvions correspond, en fait, à deux formations superposées. Sous la terre végétale, les alluvions récentes, formant les 2 à 3 m supérieurs, correspondent à des cônes dalluvions périglaciaires étalés ensuite dans la vallée principale, tandis que les alluvions anciennes, relativement bien classées et nettement plus pauvres en étain, représentent des alluvions fluviales typiques. Elles remanient des dépôts ayant reçu un façonnement marin et éolien. La répartition de la minéralisation est remarquablement homogène : sur 225 forages, 38 seulement ont donné plus de 1 000 g/m3 détain et 34 moins de 200 g/m3. Il ny a pas eu denrichissement spectaculaire dans une zone particulière du flat. La cassitérite alluvionnaire est, dans lensemble, assez grossière : les grains de plus de 0,315 mm forment plus de 80% de la production ; la plus grande partie des grains est peu roulée. Les autres minéraux lourds sont constitués par lilménite, le grenat, la staurotide, la tourmaline, le rutile, le zircon et la monazite.
Le massif granitique de SaintRenan Kersaint
Ce vaste massif granitique, orienté Ouest Sud-Ouest Est Nord-Est à Est Ouest, affleure depuis la pointe de Corsen à lOuest jusquaux environs de SaintDerrien à lEst ; plus à lEst, il se poursuit sous forme de petits pointements jusqu'à Tréméal ; au Nord et au Sud-Ouest, le massif principal est auréolé de nombreux pointements ; à lOuest, il réapparaît dans les récifs des Las et dans lîle de Molène et les îlots voisins. La longueur visible du massif, dont la partie occidentale est ainsi immergée dans lAtlantique, atteint près de 60 km ; sa largeur varie de 2 à 10 km. Ce granite hercynien (330 millions dannées) sest mis en place dans des gneiss quil recoupe souvent à lemporte-pièce.
Deux faciès principaux ont été reconnu : un faciès à gros grain ou granite de Kersaint qui prédomine au Sud-Est ; un faciès à grain fin, ou granite de SaintRenan qui sétend au Nord-Ouest. Cependant, le faciès de SaintRenan forme au Nord du faciès de Kersaint une étroite bande qui borde le granite porphyroïde ; de plus, un faciès à grain fin dessine une deuxième bande à lintérieur même du faciès de Kersaint, parallèlement à la direction générale du massif, de Gouesnou à Trémaouézan. Inversement, le granite porphyroïde se prolonge vers lOuest, au Sud du faciès de SaintRenan, par une étroite bande depuis les environs de Bohars jusqu'à PontCorff. De même, des faciès porphyroïdes ont été notés en plusieurs points du granite de SaintRenan, comme aux environs de Guilers, vers la pointe de Corsen, à la bordure septentrionale du granite (environs de BourgBlanc et de Locronan). Le passage est souvent insensible entre les deux faciès : il en est ainsi en particulier au Nord du granite de Kersaint. De plus, des sondages ont montré que les deux faciès sont souvent intimement associés. Leur composition est fréquemment semblable. Des amas de roches mésocrates apparaissent dans les deux faciès. Cependant, La minéralisation stannowolframifère est en relation uniquement avec le faciès de SaintRenan.
La partie méridionale du massif de SaintRenan Kersaint est écrasée sur quelques centaines de mètres de large. Lintensité de lécrasement est variable. Les zones mylonitisées alternent avec les zones peu ou pas tectonisées. Cette bande écrasée a été observée depuis lEst de Guipavas jusquaux îlots situés au Nord-Est de Molène. Elle ne coïncide pas exactement avec la bordure méridionale du massif : en fait, elle prend ce dernier progressivement en écharpe ; à Molène, elle est même localisée à la partie septentrionale du massif, ici fort étroit. Elle correspond à lextrémité occidentale du grand linéament Molène Alençon, qui a joué un rôle essentiel dans la mise en place des granites du Nord de lArmorique.
Ce faciès sétend sur la moitié environ des affleurements du massif, principalement dans sa partie orientale, de Gouesnou à Plounéventer. Cette région est très pénéplanée, en partie recouverte par des cuvettes marécageuses (Lann Gazel), aussi les affleurements naturels sont-ils rares et le plus souvent réduits à de grosses boules éparses à la surface du sol ; de plus, les carrières sont peu nombreuses et la roche y est fréquemment arénisée. Le granite, de teinte grisblanc, est caractérisé par son aspect porphyroïde : il est riche en cristaux allongés (jusqu'à 4 cm sur moins de 1 cm) de feldspath potassique (microline ou orthose). En règle générale, la biotite, avec inclusions à halos pléochroïques, domine sur la muscovite. Le granite présente localement des accumulations de feldspaths potassiques, tandis quailleurs, il senrichit en biotite. Lanalyse chimique précise quil sagit dun granite calcoalcalin à dominante potassique. Lécrasement qui affecte une partie de sa bordure méridionale peut être étudié en particulier dans la carrière de Kerguillo ouverte au Nord-Ouest de Penfeld ; il a donné à la roche un aspect bréchique ; localement, le granite passe à une mylonite formée de lits quartzeux lenticulaires allongés, séparés par des lits phylliteux ; le sulfure de fer est fréquent dans les fissures.
Il présente une grande variété de faciès, due à la taille du grain, le plus souvent fin, mais localement plus ou moins porphyroïde, aux pourcentages relatifs en biotite et en muscovite, à la présence ou à labsence de tourmaline. Le feldspath potassique est souvent constitué par le microline quadrillé. Il sagit dun granite calcoalcalin à dominante potassique. La tourmaline est localement abondante, en particulier à lîle de Molène et au nord de la pointe de Corsen (Roscumunoc) ; elle ne se présente pas en cristaux constitués de baguettes automorphes, comme dans la bordure méridionale du granite de lAberIldut, mais sous laspect de lentilles fusiformes de quelques centimètres de long ; ces lentilles sont, soit isolées et alignées parallèlement à lorientation de la roche, soit rassemblées et divergentes. Chaque lentille de tourmaline est entourée dun halo de blanchiment dû à la disparition de la biotite dont le fer a été capté par le bore. Ces lentilles, au nombre de plusieurs dizaines par mÝ, tranchent par leur teinte bleunoir sur le fond clair du granite. Un peu de béryl a été observé dans quelques pegmatites. Dans lîle de Molène, le granite de SaintRenan est parcouru par des filons aplitiques à tourmaline. Lécrasement qui affecte localement le granite est généralement subvertical. Tous les stades de tectonisation ont été observés, depuis le débitage en lames de quelques millimètres de puissance jusquau laminage total.
Dans la carrière de Penfeunteun, ouverte entre BourgBlanc et Gouesnou, le granite, ici riche en muscovite, est recoupé par un granite à tourmaline et mispickel ; le contact entre les deux granites est souligné par un stockscheider à grandes orthoses incurvées.
De nombreuses formations stannowolframifères (tourmalinites, greisens, filons de quartz) avec cassitérite, wolframite et scheelite, sont en relation avec le granite de SaintRenan. Les associations minérales des formations stannowolframifères sont assez variées. Le feldspath est absent. Le quartz est souvent le minéral dominant ; il forme lapartie centrale des filons et moule les autres minéraux. La tourmaline est généralement présente, parfois dominante (tourmalinites) ; elle est précoce, antérieure en règle générale à la cassitérite, la wolframite et la scheelite ; la tourmaline des tourmalinites appartient à la variété noire ferromagnésienne ; elle forme plus généralement un fin feutrage que des cristaux distincts. La muscovite dessine fréquemment un liseré " en peigne " aux épontes des filons de quartz ; cest un constituant essentiel des greisens. Lapatite est présente sous forme de cristaux microscopiques ; cependant, quelques filons constituent de véritables apatitites à cassitérite ; elle est abondante dans certains greisens. La topaze et la fluorine semblent totalement absentes. La cassitérite, le plus souvent brunrouge, se présente toujours en petits cristaux, rarement supérieurs à 2 cm, parfois microscopiques dans les greisens ; elle est observée dans les greisens, les filons de quartz et les tourmalinites. La wolframite, quelquefois en grosses lames, est uniquement présente dans les filons de quartz. La scheelite est très répandue dans les différentes formation du granite de SaintRenan : tourmalinites, greisens, filons quartzeux et même granite. Le mispickel est abondant dans les mêmes formations. De minuscules paillettes de molybdénite ont été observées dans un greisen et une tourmalinite ; le bismuth natif, associé à la wolframite, a été reconnu dans un filon quartzeux. La pyrite et la chalcopyrite sont peu abondantes.
Ces différents minéraux sont groupé dans trois formations principales : tourmalinités, greisens, filons de quartz.
A Tourmalinites : le granite de SaintRenan et les gneiss encaissants sont recoupés par dinnombrables tourmalinites, en particulier par des " filonsdiaclases ", dont de beaux exemples peuvent être observés dans les carrières ouvertes près de Quilimerien, à 2,5 km au sudouest de SaintRenan. Ces formations, dallure filonienne, se sont développées par métasomatose aux épontes dune fissure (diaclase) qui a servi de voie de passage aux venues minéralisatrices : leur puissance va du millimètre à quelques centimètres. La tourmaline, en cristaux extrêmement fins, est le minéral constitutif essentiel ; la scheelite en placage et le mispickel sont localement abondants ; la cassitérite est plus rare. Au voisinage des épontes tourmalinisées, le granite, ailleurs de teinte grise, est blanchi sur une épaisseur de 0,5 à 5 cm. Comme létablissent les analyses chimiques, le blanchiment des épontes a été provoqué par lémanation du bore qui a entraîné tout le fer des biotites lors de la formation de la tourmaline.
B Greisens : les greisens forment une succession de zones disposées en chapelet, parallèlement à la direction générale du massif, depuis lîle de Molène jusqu'à Tréméal. La principale zone de greisenisation dessine une ellipse orientée Ouest-Sud OuestEst-Nord Est au cur de la partie centrale du granite, sur 5 km de long et 2 km de large, entre lEst de Milizac et le Nord Ouest de Gouesnou, en particulier aux environs de KervenguyLervir. Ces greisens sont essentiellement composés de quartz et de muscovite ; les minéraux accessoires peuvent être : la biotite altérée, la tourmaline, lapatite, la cassitérite, la scheelite, le mispickel et la pyrite. Les teneurs en étain atteignent fréquemment 1 kg à la tonne, parfois même dépassent 10 kg : elles sont ainsi de 100 à 1 000 fois supérieures à celles du granite.
Morphologiquement, les greisens du granite de SaintRenan appartiennent à deux types principaux :
- les greisens dépontes se sont développés de part et dautre dune fissure à laquelle ils sont génétiquement liés ; leur puissance nest que de quelques centimètres, de part et dautre dun filon quartzeux central ;
- les greisens massifs sont nettement plus importants. Ils présentent fréquemment un aspect hétérogène dû à un lacis dinnombrables filonnets de quartz. Un beau greisen de ce type est visible à la butte de Vouden à 1 km au Nord de SaintRenan. Cette butte dune quarantaine de mètres de diamètre, limitée de tous ses côtés par le granite, est entièrement constituée de greisen parcouru par de nombreuses veinules anastomosées de quartz minéralisé en cassitérite et en wolframite. Le greisen proprement dit est composé de quartz, de muscovite et de tourmaline ; le mispickel et la pyrite sont accessoires. Les veinules du lacis quartzeux ont une puissance de quelques millimètres à quelques centimètres ; elles présentent localement une structure géodique ; la tourmaline y apparaît soit en fines aiguilles disposées " en peigne " aux épontes, soit, plus souvent, en amas au cur des filonnets. La cassitérite et la wolframite se rencontrent dans les filonnets quartzeux en cristaux de 1 à 2 centimètres.
Limportance des conditions structurales dans le développement de la greisenisation est attestée par les observations suivantes :
les greisens dépontes prouvent que la greisenisation est en relation avec une fissuration du granite ;
la fréquence du caractère bréchique des greisens massifs indique que leur formation est en relation avec une accentuation des mouvements tectoniques ;
la localisation des principales zones greisenisées selon la direction générale du massif de SaintRenan (qui coïncide avec la direction majeure du Léon) suggère que le greisenisation est sous la dépendance de conditions structurales régionales.
C Les filons de quartz : les filons de quartz minéralisés en cassitérite ou wolframite sont toujours de faible puissance (généralement inférieure à 20 cm) et dextension limitée (quelques dizaines de mètres au maximum). Les types en sont variés :
- filons à wolframite et bismuth natif (carrière abandonnée près de Lervir) ;
- filons à cassitérite et apatite (carrière de Penfeunteun) ;
- filons à muscovite et cassitérite.
Ces divers types de minéralisations stannowolframifères forment dinnombrables occurrences, de faible importance individuelle, disséminées dans de vastes zones du massif granitique. Ces petits gisements, et tout particulièrement les greisens, se localisent souent à lintérieur du massif, alors que dans le schéma classique, cassitérite et wolframite se répartissent préférentiellement sur les pourtours. Cette disposition suggère que les zones greisenisées correspondraient peut-être aux parties apicales du massif.

La formation connue sous le nom de " gneiss de Brest " sétend au Nord des quartzophyllades de l+lorn, depuis la pointe de SaintMathieu jusqu'à Guiclan. Malgré la diversité des faciès, le nom de " gneisse de Brest " a été conservé pour désigner lensemble du complexe.
Ces différents faciès sont :
les faciès gneissiques de la pointe de SaintMathieu
le faciès granitique du Minou
le faciès mylonitique et gneissique de Landerneau
le faciès granitique de Landivisiau.
Le long de leur bordure méridionale, depuis le Sud-Ouest de Plougonvelin jusqu'à Brest, les gneiss de Brest présentent sur plus de 1 km de large, un faciès granitique ; plus précisément, il sagit dune granodiorite. Le caractère relativement massif de la roche peut être plus ou moins estompé par une foliation densemble à pendage sud ; lorientation varie selon les points : Nord-EstSud-Ouest le long des rives de la Penfeld (Arsenal de Brest) ; Est Nord-EstOuest Sud-Ouest à Portzic et au Minou ; EstOuest dans lapresquîle de Creach Meur. Cette foliation peut correspondre, soit à lorientation des sédiments avant la granitisation comme le suggère le banc de quartzite EstOuest de la presquîle de Creach Meur (litage originel), soit à un écrasement (foliation de cataclase). De nombreuses enclaves dorigine sédimentaire, semblables aux sédiments briovériens observés près des contacts, apparaissent dans la masse de granodiorite.
Micaschistes et gneiss du Conquet
Un vaste complexe de micaschistes sétend au Nord des gneiss de Brest. Cette formation, bien exposée dans les falaises du Conquet (Porz Liogan, Porz Feunteun ) est, par contre, difficilement observable à lintérieur du Léon, où elle diminue progressivement de largeur vers lEst, pour se réduire à une bande étroite (Lambézellec, Guipavas), parfois même totalement inexistante, au Sud du granite de Kersaint, et réapparaître à lEst de ce granite, aux environs de Lanneufret. Les micaschistes du Conquet appartiennent essentiellement aux types pélitiques et semi-pélitiques. Cette formation à muscovite, biotite, quartz, un peu dalbite-oligoclase, est surtout caractérisée par la présence du grenat almandin et de la staurotide ; la tourmaline est un constituant mineur des niveaux plétiques. Les grenats atteignent fréquemment 1 cm de diamètre, parfois plus. La longueur des cristaux de staurotide varie de 1 à 3 cm. Les bancs riches en grenat et staurotide correspondent au litage des sédiments ; la staurotide est particulièrement abondante dans les niveaux plétiques. Ces micaschistes renferment des niveaux gneissiques.
Cette formation, de composition très variée, sétend dune extrémité à lautre du Pays de Léon, depuis la partie méridionale de larchipel de Molène et les falaises de Ploumoguer jusquaux environs de SaintPoldeLéon. Elle est en partie envahie par le massif granitique hercynien de SaintRenan Kersaint qui en renferme de nombreuses reliques. Elle est constituée par des gneiss prédominants, des micaschistes, des amphibolites et pyroxénites subordonnés ; localement des migmatites et des granites migmatitiques. Les gneiss présentent lorientation générale Ouest Sud-OuestEst Nord-Est ; en plusieurs points, ils sont NordSud à Nord 20ÝEst. Les types pétrographiques sont variés : gneisse à deux micas et sillimanite ; gneiss à grenat, à amphibole, à biotite ou à deux micas ; riches en lentilles quartzofeldspathiques ; gneiss fins grisâtres ; gneiss clairs massifs leptynitiques ; gneiss à muscovite en grandes lames ; gneiss à tourmaline ; avec lentilles riches en quatrz et en tourmaline ; gneiss affectés de plis ptygmatitiques et gneiss migmatitiques. Des micaschistes avec lits quartzofeldspathiques, recoupés par des filons de granite pegmatitique, affleurent sur les rives de lAberBenoît.
Des cailloutis et des galets de quatrz, rouillés, emballés dans une matrice argilosableuse, sont visibles sur les bords de la dépression marécageuse où lAberIldut prend sa source et sur les replats situés plus à lEst, vers 45 m : Laninguer, KeressezKerleo. En plusieurs points affleurent des sables, parfois caillouteux, remaniés en surface : KerielPetit CosquerKermoign. Plusieurs sondages effectués par la CO.MI.REN. ont montré que ces dépôts ont plusieurs mètres de puissance. Le bedrock très arénisé a été rencontré vers 6 m à Keriel et il nétait pas encore atteint à 12,50 m entre Coatenez et Castel an Daol.

galets et sable à Castel an daol
(cliché mai 2001)
Lanalyse morphologique des sables suggère que ces dépôts correspondent au moins à trois formations :
3 - Sables quaternaires remaniant des formations plus anciennes ;
2 - Sables façonnés par le vent au Quaternaire ancien et vraisemblablement mis en place par une transgression qui a suivi cette phase dintense éolisation ;
1 - Sables pliocènes marins renfermant parfois de la glauconie.
Des galets de quartz rouillé à façonnement marin, emballés dans larène ont été observés en plusieurs points entre Plougonvelin et Trébabu et dans la vallée de Plouzané jusqu'à 50 m daltitude. Lexploitation de la cassitérite dans les flats de Kerarbec et de Kervran a révélé la présence de galets marins (quartz et quartzite) à 110 m daltitude.
La présence de tous ces dépôts dans la vallée de lAberIldut et sur les plateaux démontre lexistence dune ou plusieurs transgressions marines anciennes en BasseBretagne. Elles ont envahi des vallées préexistantes et recouvert le Léon où seules quelques îles émergeaient en avant des hauteurs de lArrée.
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