Sainte Aspasie, plus connue sous le nom de Pompée, dut le jour à Eusèbe, qui devint roi d'Armorique, et à sainte Landouenne, son épouse. Elle marcha constamment sur les traces de sa vertueuse mère. Dieu permit que la princesse passât par de nombreuses et rudes épreuves, et il la trouva toujours fidèle aux grâces qu'il lui donnait pour en sortir avec édification
II. Eusèbe sévit une fois avec excès ou injustice contre des sujets qui l'avaient irrité : il fut attaqué d'une maladie, et sa fille unique fut obsédée du démon. Saint Melaine les délivra. La vierge généreuse porta son père à donner au prélat Comblessac, pour l'entretien de ses religieux.
III. Plus
tard, notre héroïne perdit un bon père,
une mère excellente et, avec eux, un royaume.
Les droits de l'orpheline furent sacrifiés
à Budic ; mais elle se montra si digne du trône,
que Hoël Ier, successeur de Budic,
associa sa cousine Aspasie à la couronne, en
l'épousant. Cette reine fut l'ornement de la
Bretagne par ses vertus, l'ange des consolations par
ses bienfaits.
En 509, les Frisons firent une irruption dans l'Armorique
; et, malgré les efforts de Hoël-le-Grand,
ils s'en emparèrent. Le souverain et sa famille
se retirèrent dans les îles britanniques.
Hoël et Aspasie s'attachèrent à
donner une bonne éducation à leurs enfants,
et en mirent deux, Tugdual et Léonor, sous
la direction du savant et pieux Iltut.
IV. En 513,
le prudent et brave monarque chassa les barbares de
ses états, y reprit les rênes du gouvernement,
et, aidé des conseils de son épouse,
répara les maux qu'y avaient multipliés
de féroces étrangers. Il paraît
que la reine était restée en Angleterre.
Hoël y rentra pour voler au secours de son parent,
le roi Artur.
Pompée eut à pleurer son illustre époux
vers 545. Grande dans sa viduité, elle embrassa
la vie religieuse, suivit, avec sainte Sève,
sa fille, S. Tugdual et S. Léonor, lorsqu'ils
vinrent en Bretagne, et qu'un autre de ses enfants,
Hoël II, monta sur un trône que son père
venait de couvrir de gloire.
La bonne princesse passa le reste de ses jours dans
un monastère à Langoat, à une
lieue de celui de Tréguier, que dirigeait saint
Tugdual.
Vies des bienheureux et des saints de Bretagne par M. de Garaby (1839) - Saint-Brieuc
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