Né
vers 548, d'une famille noble et riche, Bergat ou Pergat joignait les vertus
aux talents, et devint un orateur distingué. Ce digne élève
de saint Tugdual fut chanoine et archidiacre de Lexobie.
Tugdual mourant à Tréguier, fut visité par son chapitre.
Il consola ce sénat du diocèse et le pria de lui élire
un successeur, désirant savoir à qui il laisserait la conduite
de son cher troupeau. Les chanoines le conjurèrent de désigner
le plus digne. Le pieux évêque, soutenu par deux religieux, se
rendit avec eux à l'église. Après l'invocation du Saint-Esprit,
il proclama Ruelin. L'élection fut faite et confirmée. Après
les funérailles du saint, les chanoines s'en retournèrent, se
disposant au sacre de son successeur.
II. Pergat gagna une partie du clergé et du peuple. Les uns le soutenaient, les autres restaient fidèles à Ruelin. Pour apaiser ce schisme, un synode fut assemblé à Lexobie. On hésitait encore, quand une vive lumière remplit la salle, et soudain parut Tugdual en ornements pontificaux, crosse en main et mitre éblouissante en tête. Il reprit Pergat du trouble qu'il causait, le menaça d'un châtiment prompt et terrible, s'il ne se désistait, et disparut. Pergat, saisi d'effroi, demande à genou xpardon à son rival et à l'assistance, renonce à toutes ses dignités et va finir ses jours dans la pénitence à Ploudouran. On y voit encore une fontaine de son nom. Patron de cette paroisse, il y est représenté en costume épiscopal : il paraît qu'il fut même sacré ; la tradition assure qu'il fut évêque de Lexobie, un ou deux jours ; mais que la découverte de sa brigue le fit déposer. Les catalogues le placent après saint Ruelin, sou sle nom de Perbogat, sans dute parce qu'il se fit élire, lorsque Ruelin était déjà choisi. Il mourut vers 620. Sa fête alieu le premier dimanche d'Août.
Vies des bienheureux et des saints de Bretagne par M. de Garaby (1839) - Saint-Brieuc
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