LA VIE DE SAINT RATIAN
Le ciel suscita, dans le cinquième siècle, ce vertueux Armoricain, pour nous guider par son exemple dans les voies du salut. Ratian, aussi nommé Ratiau, est un modèle de cette charité dont la pratique est l'accomplissement de toute la loi.
Il aima Dieu plus que toute chose. Pour lui plaire, il employa utilement toutes les années de sa vie. Il acquit des connaissances et des vertus. Il suivit sa vocation, sans écouter la chair et le sang. Il se consacra à Dieu, s'attacha sans cesse à lui gagner des curs. Prières, instructions, exemples, il réunit tout ce qui pouvait faire persévérer les bons et convertir les méchants. Brûlant du désir d'être tout occupé de Dieu, il obtint de quitter l'abbaye de Landévennec, où il était fervent religieux, pour s'ensevelir dans la solitude. Là, rival des anges, il passait ses jours à aimer, à prier, à bénir le Seigneur. Toute son âme était continuellement au ciel.
Il
aima son prochain comme Jésus-Christ nous aime.
Il porta sa tendresse pour les hommes jusqu'au dévouement
le plus complet. Non content d'éclairer, d'édifier
et de consoler, il usait de tout son pouvoir auprès
de l'Eternel, afin d'obtenir d'innombrables bienfaits
pour tout le monde. De son ermitage au lieu nommé
Pleturch, il attirait par ses vux et par ses
mérites une foule de grâces inappréciables
pour les hommes. Dans une circonstance critique, où
tant d'autres ne songeaient qu'à leurs propres
périls, Ratian offrit sa vie pour sauver tous
ceux qui étaient menacés. Une cruelle
contagion désolait la Bretagne et semblait
vouloir la convertir en désert.
"Mon Dieu, s'écria le généreux
Ratian, souvenez-vous de vos miséricordes ;
ou, s'il faut une victime, frappez : me voici prêt
à mourir pour mes frères." Le Seigneur,
content de ce charitable désir, épargna
celui qui le formait et tous les habitants du voisinage.
Heureux les peuples qui possèdent un juste
au milieu d'eux ! C'est un rempart contre les coups
du malheur et un puissant avocat aurpès de
celui qui est la source de tous les biens.
Ratian eut pour lui-même une charité bien ordonnée. Il soumit son corps à son âme, et son âme à Dieu. Il travailla sans cesse à pratiquer cette recommandation puissante : Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait. Le disciple de saint Guénolé sut aller au bonheur en faisant des heureux.
Vies des bienheureux et des saints de Bretagne par M. de Garaby (1839) - Saint-Brieuc
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